Il tue son ami pour une bouteille de vin rouge

Il tue son ami pour une bouteille de vin rouge

Nous sommes à El Jadida. La salle de trafic de la sûreté de la ville vient, ce soir, de recevoir une information : un meurtre commis à l’ancienne médina et le meurtrier est en fuite. Les enquêteurs se sont dépêchés sur les lieux. Le premier constat d’usage a été effectué : le cadavre d’un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années à peu près, gisant dans une mare de sang, poignardé au niveau de son appareil génital. Le chef de la brigade tourne ses regards vers les badauds et s’interroge sur l’identité du défunt. «Il s’appelle Aziz, son meurtrier se prénomme Saïd», répond un premier témoin. «Ils étaient des amis», affirme un deuxième. Selon les témoins, les deux amis n’étaient pas, au début de l’après-midi, ensemble. Chacun s’enivrait loin de l’autre. C’est Saïd qui a rejoint Aziz par la suite.
Aziz est un jeune âgé de vingt-six ans, célibataire et sans profession. Alors que Saïd était son aîné de trois ans, également célibataire et sans profession. D’abord, celui-ci n’a pas passé plus de quatre ans aux bancs de l’école pour être jeté depuis son adolescence dans le monde de la toxicomanie pour devenir après un repris de justice. À ce propos, il a purgé, la première fois, une peine d’un an de prison ferme pour trafic de drogue. La deuxième fois, il a purgé la même peine d’emprisonnement pour coups et blessures et consommation de drogue. Et la troisième fois lui a coûté deux ans de prison ferme pour complicité de vol qualifié et consommation de drogue. Le jour «J». Vers 17 h, Saïd avait déjà fumé trois joints au point qu’il ne sentait plus ses pieds sur terre. Et pourtant, il ne pensait pas rentrer chez lui. Il avait l’intention de prendre quelques verres de vin rouge. Il s’est adressé à un ami qui se soûlait chez lui. Il a pris avec lui quelques verres avant de partir. À mi-chemin, il a décidé de chercher Aziz. Il l’a rejoint une demi-heure plus tard. Dans un coin d’une ruelle, ils ont commencé à picoler. Tout d’un coup, la bouteille est vide. « Il y a quelques jours, je t’ai prêté une somme de cent dirhams… Tu te souviens ? Soit tu me les rends soit tu achètes deux «trois-quarts de vin rouge», s’est adressé Aziz à son ami Saïd. «Je n’ai aucun sou sur moi», a répondu Saïd qui lui montrait ses poches. Aziz s’est révolté aussitôt et a traité son ami d’un enfant qui ne tient pas ses paroles puisqu’il lui avait promis de lui remettre l’argent trois jours plus tard. Des mots que Saïd n’a pas crus. Il s’est énervé et a commencé à insulter Aziz. Celui-ci a donné un coup de poing à Saïd qui s’est renversé par terre puisqu’il était sous l’effet de l’alcool et du haschich. Aziz ne lui a pas permis de se relever puisqu’il lui a asséné d’autres coups de pied avant de partir. Quand Saïd est arrivé à reprendre son équilibre, il a commencé à le chercher partout. Il était armé d’un couteau. Et il a fini par le retrouver. Aziz l’a vu et il lui a donné un coup de poing. En un clin d’œil, Saïd a brandi son couteau et lui a donné un coup au niveau de son appareil génital. Un seul cri strident était suffisant avant de succomber sur les lieux. Devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de la capitale doukkalie, Saïd a avoué son crime tout en précisant qu’il n’avait pas l’intention de tuer Aziz. «C’était mon ami intime, mais il m’a provoqué alors que j’étais sous l’effet de la drogue», a-t-il affirmé à la Cour. Et pourtant, il a bénéficié des circonstances atténuantes pour n’être condamné qu’à quinze ans de réclusion criminelle.

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