Il tue son cousin pour un demi-litre d’eau-de-vie

Il tue son cousin pour un demi-litre d’eau-de-vie

Nous sommes au douar Nkara, commune rurale Ouled Amrane, à Sidi Bennour, province d’El Jadida. Ahmed y est né en 1982. Son cousin, Omar, est son aîné d’un an. Tous les deux ont grandi ensemble puisque leurs demeures sont adjacentes. Ils jouaient au douar depuis leur enfance. Chacun d’eux n’est que l’ombre de l’autre. Bref, ils étaient inséparables de jour comme de nuit. Puisque chacun d’eux ne supportait pas être loin de l’autre. Ils ont également été dans la même classe à l’école. De même, quand ils sont devenus adolescents, ils ont tous les deux tourné le dos à leurs études comme s’ils s’étaient mis d’accord sur la même décision. Tantôt ils aidaient leurs parents dans les travaux agricoles, tantôt ils travaillaient pour le compte de tiers. Mais ils ne se séparaient jamais quand les circonstances le permettaient. Après être devenus des fumeurs de cigarettes, ils ont appris à se soûler. Et de temps en temps, ils partageaient quelques «trois-quarts» de vin rouge. Cependant, la majorité du temps, ils ne buvaient que de l’eau-de-vie (Mahia). Parce qu’elle est, d’une part, moins chère et d’autre part elle est plus disponible que le vin rouge. Et comme la plupart du temps, Omar a préparé une soirée pour la nuit du lundi 1er mars. Mais cette fois-ci, il ne serait pas en compagnie uniquement de son cousin Ahmed, il y aura également un troisième jeune homme et deux prostituées. Dans une chambre au douar, ils se sont rencontrés . Ils avaient préparé pour la soirée un tagine pour le dîner, des amuse-gueules et de l’eau-de-vie en abondance pour ne pas rester en panne à n’importe quel moment. Tous les cinq étaient très heureux dès le début de la soirée surtout les deux cousins, car chacun était accompagné d’une prostituée avec laquelle il couchait de temps en temps, un peu loin des regards des autres. Avec l’eau-de-vie, les têtes tournaient. Les conversations, les plaisanteries, le sexe, l’alcool, les rires à haute voix, la bouffe, étaient les maîtres de la soirée. Tout d’un coup, tout a cédé la place aux insultes et à l’échange d’invectives et des coups au point que les couteaux étaient de la partie. Pourquoi ? Ahmed s’enivrait et embrassait sa maîtresse qui se tenait à côté de lui. Soudain, il a remarqué son cousin, Omar, qui a réagi d’une façon qui lui a mis la puce à l’oreille. Et il s’est adressé à lui directement et sévèrement: «Que fais-tu ?». Omar a fixé Ahmed en gardant le silence parce qu’il ignorait de quoi il parlait. Énervé, Ahmed s’est adressé à lui en l’insultant et en l’accusant d’avoir volé un demi-litre d’eau-de-vie et de l’avoir dissimulé quelque part pour qu’il le boive seul en compagnie de sa maîtresse. Omar a tenté de le calmer tout en lui expliquant qu’il n’a rien caché. «Non, tu l’as dérobé et tu l’as caché je ne sais où…», criait Ahmed qui n’a pas cru les paroles de son cousin Omar. Leur ami qui partageait avec eux la même soirée a essayé de faire comprendre à Omar que son cousin n’a rien subtilisé. Mais en vain. Ahmed qui semble avoir perdu tout contrôle a poussé son cousin Omar. «Tu m’as accusé d’avoir dérobé l’eau-de-vie et tu me pousses maintenant ?», lui a dit Omar qui semble avoir commencé à perdre également le contrôle de soi. Au fil du temps, personne n’a plus le contrôle de ses nerfs au point qu’Omar a sorti un couteau. Ahmed a également fait sortir de sa poche le sien. Mais c’était Omar qui a pris l’initiative d’attaquer le premier. Une seule agression était suffisante pour que la soirée prenne fin dans le sang. Omar, son ami et les deux prostituées ont été arrêtés. Le jeudi 4 mars, le crime a été reconstitué avant de traduire les mis en cause devant le parquet général près la Cour d’appel d’El Jadida.

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