Il tue son frère pour de la drogue

Il tue son frère pour de la drogue

Ahmed n’a pas cru ses yeux. «Un cadavre ?», crie-t-il face au corps inerte d’un jeune garçon, gisant dans une mare de sang, dans un terrain vague, situé à quelques mètres de lotissement «Azaytoune», près du douar Bougarâa, à Meknès. Ahmed reste figé pendant quelques secondes, en fixant le cadavre comme pour trouver une solution. Aller alerter la police ou oublier ce qu’il a vu et rejoindre le lieu de son travail ? Tiraillé, il finit par assumer sa responsabilité de bon citoyen. Rapidement, il arrive au commissariat de police. «J’ai vu le cadavre d’un jeune garçon au lotissement Azaytoune», lance-t-il aux policiers sans ajouter un mot.
Tout de suite, les éléments de la deuxième brigade de la police judiciaire de la capitale ismaélienne se dirigent sur les lieux. Les premiers éléments du constat d’usage ont été notés par les enquêteurs : un jeune garçon, la vingtaine, ayant l’apparence d’un clochard, la tête fracassée. Près du cadavre, d’autres éléments sont repérés : une grosse pierre d’une vingtaine de kilos entachée de sang, qui aurait certainement servi d’arme à ce crime, une petite bouteille et un sachet en plastique d’où se dégage l’odeur du diluant. Un constat qui ne laisse aucun doute sur le crime prémédité. Reste à savoir qui l’a perpétré et quel serait son mobile. Mais avant de répondre, il faudra, d’abord, identifier le cadavre. Les investigations mènent droit vers un certain Abdellah B., âgé de 21ans, célibataire et sans profession. Il na pas d’antécédents judiciaires.
Sur instructions du parquet général près la Cour d’appel de Meknès, le cadavre est évacué vers l’hôpital médico-légal pour qu’il soit soumis à l’autopsie. Le médecin légiste conclut que la mort est survenue suite à une hémorragie interne et que la tête a été fracassée à cause à des coups assénés par un objet lourd et solide. Le rapport du légiste précise aussi que cet objet n’est autre que la pierre trouvée à côté du cadavre. Elle est, d’ailleurs, entachée du même sang prélevé sur le corps. Qui a tué Abdellah ? Les témoignages recueillis par la deuxième brigade criminelle de la police judiciaire indiquent tous que la victime ne fréquentait que son frère, Saïd, son cadet de quatre années.
Saïd est un repris de justice, puisqu’il s’est fait prendre, à plusieurs reprises, pour vol qualifié, coups et blessures à l’arme blanche et consommation de drogue. En plus, il était en compagnie de son frère la veille du meurtre, d’après les témoins. S’agit-il d’un fratricide ? Peut-être. Quand Saïd est arrêté, il nie même avoir été, la veille, avec son frère. Seulement voilà, quelques taches de sang, qui maculaient encore le tricot qu’il portait, l’ont démasqué. Et il ne lui restait plus qu’à se mettre à table.
Récit. Comme à l’accoutumée, les deux frères étaient ensemble. Ils bavardaient, tout en inhalant du diluant.
Lorsque la nuit est tombée, ils se sont retrouvés sur le terrain vague près du lotissement «Azaytoune». Soudain, Saïd a découvert qu’il n’avait plus du diluant qui lui offrait un voyage gratuit à l’état second. Il en a demandé à son frère, Abdellah qui en avait toujours, puisqu’il tenait son petit sachet en plastique sous son nez et inhalait sans cesse, a refusé.
Saïd l’a supplié de lui prêter juste quelques gouttes en lui promettant qu’il allait les lui rendre le lendemain. Mais en vain.
Abdellah n’a pas changé d’avis. Et cela a mis Saïd hors de lui. En titubant, Abdellah s’est levé pour changer de place. Et pour ne rien arranger, Saïd l’a poussé violemment jusqu’à le renverser. Abdellah a perdu connaissance. Énervé, Saïd a saisi une grande pierre qui était à côté de lui et lui a asséné trois coups au niveau de la tête. En l’abandonnant corps sans vie, il a disparu jusqu’à son arrestation. La mi-février, les policiers ont conduit le mis en cause, encore mineur, vers l’endroit où a été perpetré le crime pour la reconstitution. Après quoi, il a été traduit devant la Cour d’appel de la ville, poursuivi pour coups et blessures ayant entraîné la mort de son propre frère.

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