Il tue son frère pour une dose de haschich

Ahmed ne se souvient-il pas de ce qu’il avait commis ou tente-t-il de jouer le naïf pour bénéficier de l’acquittement pour le doute ? Pour les magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, peu importe cette interrogation. Parce qu’ils semblent déjà convaincus qu’Ahmed a bel et bien tué son frère, Brahim. Ce qui leur manque, c’est de savoir s’ils doivent le faire bénéficier des circonstances atténuantes ou aggravantes. «Je ne me souviens pas M. le président de tout ce qui s’est passé cette nuit…», a-t-il affirmé devant la Cour.  Certes, Ahmed était, la nuit de crime, dans un état d’ivresse. Mais, l’ivresse ne peut le pousser à perdre la raison au point de commettre un  crime. C’est dans un quartier populaire de Casablanca, à Sidi Moumen, qu’il est né un jour de 1982. Dans une famille de huit enfants qui occupent deux chambres, en plus de leurs deux parents.  L’école ? Il y a passé quatre ans, mais sans dépasser la deuxième année d’enseignement fondamental. Depuis, il a été engagé chez un mécanicien. Il n’en a passé que quelques semaines pour retourner chez lui sans apprendre les ba-ba de la profession. Ses parents l’ont mis, ensuite, entre les mains d’un réparateur de vélomoteurs. Mais en vain. Il semble qu’il n’a pas de passion ni pour poursuivre des études, ni pour  apprendre un métier. Il n’avait de passion que pour passer son temps, en compagnie de garçons de son âge. Une fréquentation qui avait eu un effet négatif. Au fil du temps, il a appris à consommer tout ce qui enivre; alcool, haschich et comprimés psychotropes. Et l’argent, comment s’en procurer ? Il recourait, de temps en temps, aux petits larcins pour en avoir. Ce qui lui a coûté un premier emprisonnement trois mois ferme, puis un deuxième six mois. Depuis, il est classé repris de justice dans les fichiers de la police. Mais, sans qu’il soit considéré comme dangereux. Y avait-il un risque de le devenir ? Oui. Son dernier crime le prouve.
Se réveillant à midi, Ahmed est sorti de chez lui pour fumer une cigarette. Un moment plus tard, il est retourné chez lui, a remarqué que son aîné de trois ans s’était pas encore rentré, a ouvert sa valise et a mis la main sur l’un de ses pantalons. Après s’être rassuré que sa mère ne l’avait pas remarqué, il a quitté la maison. Il a vendu le pantalon à un voisin et a acheté sa dose de haschich. Un autre voisin qui l’avait vu en train de vendre le pantalon, en a parlé à son frère. Ce dernier l’a attendu jusqu’à son retour vers minuit à la maison. Il lui a reproché de lui avoir subtilisé le pantalon. Après, les mots ont cédé la place aux mains. Et Ahmed a fini par saisir un couteau et asséner deux coups à son frère qui a rapidement passé de vie à trépas. Un acte criminel qui lui a coûté vingt ans de réclusion criminelle.

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