Il tue son père avec une hache

Nous sommes à Kariat Ben Aouda, commune Beni Malek, cercle Souk Arbaâ El Gharb, province de Kenitra. Tout droit, Hamid marchait rapidement. Il ne tournait ni à gauche ni à droite. Plusieurs habitants du Kariat l’ont croisé sur leur chemin, mais personne ne lui a prêté attention.
Ils savaient tous qu’il ne venait dans la région que de temps en temps, non pour rendre visite à son père, qui vivait seul après avoir répudié sa femme, il y a belle lurette, mais pour lui rendre la vie amère. Pourquoi ? Hamid l’accusait de lui avoir gâché sa vie.
Né en 1987, Hamid est le premier enfant du couple. Il vivait en harmonie. Toutefois, quelques semaines après la naissance de Hamid, les prises de bec entre son père et sa mère ont commencé à s’éclater quotidiennement au point que leur vie en commun sous le même toit est devenue presque impossible.
Chacun ne supportait plus l’autre. Les membres de leurs familles et leurs voisins intervenaient à chaque fois pour régler les litiges du couple. Ils leur demandaient de tenter de vivre dans l’harmonie pour le bien-être de leur unique enfant.
Seulement, leur relation se détériorait au fil du temps au point qu’ils ont fini par divorcer. L’épouse a pris son petit enfant, Hamid, et a rejoint sa famille à Salé. Alors que le père est resté chez lui au Kariat. Sans recevoir le moindre sou de la pension alimentaire que la justice a consacré à l’enfant, la mère de Hamid, qui se débrouillait pour gagner dignement sa vie, n’a pu satisfaire ses besoins.
La solution ? Elle a emmené son enfant jusqu’au Kariat Ben Aouda pour le mettre entre les mains de son père. Ce dernier l’a pris en charge. Seulement, il n’a pas pu veiller sur lui. Et il l’a rendu à la mère. Hamid, qui n’a pas été inscrit dans une école et ni initié à un métier, s’est enfoncé, jour après jour, dans le gouffre de la délinquance. Il a appris à se soûler et à se droguer. Pour satisfaire son besoin quotidien, il avait besoin de beaucoup d’argent. Pour cela, il s’adonne aux activités illicites comme les agressions. Et parfois, il prenait l’autocar pour aller chez son père. Avec cruauté, il lui demandait de l’argent pour se soûler et se droguer. Obligé, le père lui versait une petite somme avant de rejoindre sa mère à Salé.
«Tu pars à Salé chez ta mère ?», lui a demandé le fkih du Kariat Ben Aouda qui l’a croisé au chemin au moment où il courait sans tourner la tête.
«Non, non, mon père est très malade», lui a-t-il répondu tout en continuant son chemin.
Sans lui demander plus d’explication, le fkih a emprunté le chemin à destination de la maison du père de Hamid. Quand il y est arrivé, il a frappé à la porte. Personne ne lui a ouvert. Il l’a poussée et y est rentré tout en appelant le père de Hamid. Ce dernier ne répondait pas. Il a avancé à l’intérieur jusqu’à sa chambre à coucher. Là, il s’est cloué sur place. Horrible. Le père de Hamid est corps sans âme, gisant dans une mare de sang, avec la tête fracassée. Qu’est-ce qui lui est arrivé ? Qui lui a fracassé la tête ? Le fkih a appelé les voisins du douar qui ont alerté les gendarmes. Ces derniers se sont dépêchés sur les lieux. Une enquête a été diligentée. Tout le monde au Kariat lui a affirmé que son fils, Hamid, vient de sortir de chez lui après avoir passé quelques jours chez lui. Est-il son meurtrier ?
«Oui…», a répondu Hamid quand il a été arrêté sur à la route en train d’attendre un autocar pour aller à Salé.
Il lui a fracassé la tête avec une hache. Pourquoi ? «C’est lui la cause de mon échec dans ma vie», a-t-il répondu aux enquêteurs avant d’être traduit devant la justice à Kenitra. Il lui reprochait de l’avoir abandonné.

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