Il tue son voisin suite à une vision

Il tue son voisin suite à une vision

«Allahou Akbar… Allahou Akbar… Allahou Akbar…», aurait crié Abdelkrim avant de faire sortir un coutelas qui était dissimulé sous ses vêtements pour asséner rapidement trois coups au niveau de la nuque de Mohamed. Cette scène macabre s’est déroulée, vendredi 6 avril 2007, au seuil de la mosquée Cadi Âyade, située au quartier Al Azhar, préfecture de Sidi Bernoussi, à Casablanca.
Qui sont Abdelkrime et Mohamed? Quelles sont les raisons qui ont poussé le premier à tuer le second?
Les deux hommes habitent le même immeuble au quartier Al Azhar. Autrement-dit, ils sont voisins. Mais ils n’ont aucune relation en commun. Ils n’ont jamais échangé le moindre mot. Pas plus de quelques salamalecs quand ils se sont rencontrés quelques fois aux escaliers de l’immeuble. Surtout que rien ne pourrait réunir les deux hommes.
Âgé de quarante-huit ans, marié et père de trois enfants, Mohamed est un fonctionnaire à l’école Al Azhar. Il jouissait d’une bonne réputation aussi bien dans le lieu de son travail que parmi les voisins du quartier. Sérieux et pieux, il était respecté par ses amis, ses collègues et ses voisins, et apprécié par les élèves de l’école. Père et mari exemplaire, Mohamed n’a jamais manqué à ses devoirs envers son foyer. Par ailleurs, Abdelkrime, âgé de trente-trois ans, célibataire et n’ayant qu’un niveau scolaire primaire, s’adonnait au commerce à la sauvette. Au fil du temps, il est arrivé à acquérir un local commercial au « Souk Âllak ». Seulement, il l’a abandonné. Personne n’a su pourquoi. Depuis, ses comportements ont changé complètement. Il ne s’occupe plus de son commerce. Il est devenu très violent et cruel envers les autres y compris sa famille. Personne n’a su les raisons de ce changement. Sa famille n’a pas pensé le soumettre à un traitement psychologique.
Et Abdelkrime a été abandonné pour devenir esclave des attaques hystériques et du délire. Son propre frère a déposé une plainte contre lui auprès de la police dénonçant son agressivité. Suffisait-elle pour qu’il soit arrêté ? Non, selon une source policière.
Par ailleurs, Abdelkrime, qui était assidu à la prière, ne fréquente plus la mosquée. Il est vrai qu’il continuait à prier chez lui en compagnie de quelques amis. Pourquoi ? Il aurait une relation avec des intégristes de la Salafiya Jihadia, surtout que son quartier se situe pas loin du douar Skouila, le fief des «takfiristes». Était-il influencé par leurs idées obscurantistes ou appliquait-il aveuglement leurs pensées? Aucune réponse.
Le vendredi 6 avril. Vers midi, Abdelkrime a suivi les pas de son voisin Mohamed. Ce dernier ne s’est pas rendu compte de lui. Quand il est rentré à la mosquée, Abdelkrime s’est caché un peu plus loin de sa porte. C’était la première fois qu’il a décidé de ne pas faire «la prière du vendredi». D’une part parce qu’il ne prie pas aux mosquées de l’État et d’autre part parce qu’il est en mission !
Quand la prière fut terminée, il s’est planté à l’entrée de la mosquée. Mohamed s’est plié pour mettre ses chaussures, Abdelkrime a fait sortir son coutelas pour lui asséner trois coups à la nuque. Quelques témoins ont attesté qu’il a crié à trois reprises «Allahou Akbar» avant de s’apprêter à prendre la poudre d’escampette. Seulement, les fidèles qui étaient sous le choc n’ont pas hésité de l’attraper et de l’immobiliser. Alertés, les éléments de la PJ de Sidi Bernoussi se sont dépêchés sur les lieux et ont conduit le meurtrier vers le commissariat. Pourquoi l’a-t-il tué ? Abdelkrime a commencé à délirer. Il leur a raconté avoir vu, dans son sommeil, sa mère en compagnie de Mohamed. Dans cette vision, a-t-il ajouté aux enquêteurs, il a demandé explication à sa mère. Cette dernière lui a répondu avoir partagé à trois reprises le même lit avec son voisin Mohamed ! Une vision qui lui a hanté l’esprit pour quelques jours avant de décider se venger de son voisin. Et il a passé à l’acte. Samedi dernier, le corps du défunt a été inhumé au cimetière «Al Ghoufrane». Alors qu’Abdelkrime a été mis entre les mains des éléments de la BNPJ pour vérifier s’il entretient des relations avec les obscurantistes du douar Skouila.

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