Il viole l’enfant de ses employeurs

Il viole l’enfant de ses employeurs

«Non, M. le président, je ne l’avais pas obligé, il voulait le faire de son plein gré», clame Mohamed sur un ton hésitant devant le président de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Settat. Durant les deux heures de l’examen de son dossier, il n’a pas osé lever le regard sur ses parents, ses frères et sœurs qui assistaient au procès. Les yeux baissés, il était comme pétrifié. Est-ce par pudeur? Est-ce le remord ? Il fut toutefois obligé de regarder le représentant du ministère public quand ce dernier a entamé son réquisitoire.
«Ce mis en cause a trahi la confiance placée en lui par ses employeurs en abusant de leur enfant…», a déclaré le représentant du ministère public.
Interpellé, Mohamed l’a fixé comme si ce dernier avait une dent contre lui.
«Mohamed a profité de la naïveté de l’enfant pour l’obliger de subir ses désirs bestiaux…», a expliqué le représentant du ministère public à la Cour.
Mohamed a bouclé ses dix-huit ans en 2007. Sa famille, indigente, habite l’un des douars de Settat. Ni lui, ni ses six frères et sœurs n’ont mis les pieds dans un établissement scolaire. Ils ont tous été élevés par une mère, femme de foyer, et un père, berger. Depuis leur naissance, le monde des ovins constituait leur seul environnement. Encore enfants, ils ont appris les ficelles du métier de berger. Puis ce fut le drame. Leur père a été obligé d’abattre tout son troupeau pour se retrouver, du jour au lendemain, totalement démuni. Pour subvenir aux besoins de sa famille, le malheureux a commencé à travailler comme ouvrier agricole chez les grands agriculteurs de la région. Ses enfants n’ont pas pour autant quitté le giron familial et, contrairement aux autres jeunes du douar, ils n’ont pas répondu présent à l’appel de la ville. Pourquoi ? Leur mère a toujours refusé catégoriquement qu’ils la quittent. Huit mois après, Mohamed a rejoint une famille aisée du douar qui dispose d’importants terrains agricoles et d’un cheptel consistant. Rapidement, il a été adopté par cette famille qui lui offre le gîte, le couvert et une certaine chaleur humaine. En contrepartie, Mohamed gardait le troupeau de cette famille. Fils de l’employeur de Mohamed, Saïd est un garçon de dix ans. Il lui portait quotidiennement le petit déjeuner et le déjeuner à la prairie et restait auprès de lui pendant les repas, parlant de la pluie et du beau temps. Au fil des semaines, Mohamed s’est habitué à lui. Cette amitié naissante allait être étouffée dans l’œuf, le jour où Mohamed a commencé à parler de sexe au petit Said. Poussant l’abject et l’audace à l’extrême, il n’a pas hésité un jour à abuser de lui. Par la force?  «Non», a-t-il répondu devant la police, le procureur général et la Cour. «Oui», a dit le garçon devant les enquêteurs et le représentant du ministère public.
«Il a récidivé le lendemain, je ne pouvais pas le dire à ma mère…J’avais peur, j’avais honte…», a-t-il ajouté.
Quelques jours plus tard, il a abusé de de Said pour la troisième fois. Cette fois, l’enfant, encore sous le choc, est allé directement raconter à sa mère ce qui lui est arrivé. 
Blessée dans son amour propre, la maman a immédiatement averti le père qui a porté plainte auprès de la gendarmerie royale de la région. Mohamed a été arrêté et il a avoué son crime. Seulement, il a répété à maintes reprises qu’il n’a jamais obligé l’enfant à faire quoi que ce soit et que ce dernier était consentant.
«Encore adolescent, Mohamed ignorait la gravité de son acte, M. le président…Une ignorance qui nous oblige d’être clément envers lui», a plaidé son avocat qui a réclamé de le faire bénéficier des circonstances atténuantes.
Mohamed a été jugé coupable pour attentat à la pudeur sur un mineur. Il a été condamné à cinq ans de réclusion criminelle.

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