Infanticide doublé de suicide

Tout le monde au quartier Maghreb Arabe, à Témara, s’interroge encore sur ce qui est arrivé à Abdelkrim d’avoir tué son unique enfant avant de se donner la mort.
Sa femme, Fatima, a encore du mal à croire à ce drame qui l’a rendue veuve en un clin d’œil et l’a privée de son premier et unique enfant. Elle se souvient du premier jour, il y a plus de six ans, quand leurs regards se sont croisés. Elle ne l’oubliera jamais. C’est la première fois qu’elle avait senti un tel sentiment. Il en va de même  pour Abdelkrim, qui n’a pas pu retenir son cœur qui a commencé à battre la chamade. Coup de foudre ? Peut-être. Le lendemain, Abdelkrim a attendu au même coin, son âme sœur. Il semblait qu’il avait l’intention cette fois-ci  de lui parler. A la  même heure que la veille, Fatima y passait. Abdelkrim s’est approché d’elle, lui a exprimé son amour sincère et son intention de la demander au mariage.
Un sourire a orné ses lèvres exprimant son entente. Abdelkrim, qui se débrouillait pour gagner sa vie, n’a pas tardé à se présenter devant la famille de Fatima pour  lui demander sa main et fixer la date du mariage. Pas moins de quelques mois, le couple s’est retrouvé sous le même toit. La main dans la main, ils ont repris ensemble le chemin pour fonder un foyer conjugal stable et confronter les aléas de la vie. Au fil des semaines, Fatima est tombée enceinte. Comme toutes les futures mamans, elle était pleine de joie. Son mari, Abdelkrime, était pressé de devenir père. Et voilà, Oussama a vu le jour en 2003 et est venu égayer le foyer de ses parents.
Tous deux rêvaient que leur enfant grandisse très vite pour le voir élève au primaire et au secondaire, puis étudiant universitaire et enfin cadre qui gagnerait dignement sa vie. C’est un rêve légitime. Etait-il réalisable ? Probablement. Cela dit, dans le cas d’Oussama, il s’agit d’un rêve qui ne verra jamais le jour. Pourquoi? Parce que Abdelkrim l’a tué. Comment ? Sa femme ignorait ce qui lui est arrivé trois jours avant de commettre son double crime. Il s’est abstenu d’aller à son travail et a choisi de rester enfermer chez lui. Durant ces trois jours, elle, seule, sortait pour aller à son travail, laissant son enfant, Oussama, âgé de cinq ans, en compagnie de son père. Quand elle est retournée de son travail, elle a poussé la porte de leur chambre. Et c’était la catastrophe !
Son unique enfant, Oussama, égorgé, gisant dans une mare de sang et le corps de son père, étendu à ses côtés avec un grand couteau planté dans la poitrine. La position du corps du père et le rapport de l’autopsie ont permis aux enquêteurs de conclure qu’il s’agit d’un infanticide doublé de suicide.

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