Jugé irresponsable d un double infanticide

Jugé irresponsable d un double infanticide

Incontestablement Lahcen risque la peine de mort, il est inimaginable qu’il soit condamné à une autre peine, même à perpétuité. Tout simplement parce que  le crime qu’il avait commis est horrible, ignominieux et dépasse l’imagination. Il a tué ses deux enfants, Yassine et Basma, âgés respectivement de trois et un an, avant de tenter de se donner la mort.
Nous sommes à Fès. Comme d’habitude, la salle d’audience à la Chambre criminelle près la Cour d’appel est archicomble. Le président de la Cour ouvre le dossier n°57/2012 et appelle à la barre Lahcen. E. M, né en 1947, retraité, marié, père de deux enfants, demeurant au quartier Zaza, Fès.
Les yeux hagards, Lahcen semble perdu dans cette salle. Ni sa femme, ni aucun membre de sa famille, ni ses proches, ni ses amis, ont cru, un moment, que cet ex-architecte, très généreux, calme, tranquille, respectueux, très poli et jouissant d’une bonne réputation, était capable d’un tel acte. Bref, tout le monde l’apprécie et l’aime. Mais personne ne sait, au juste, ce qui lui est arrivé depuis 2008, une année après avoir pris sa retraite. Sa femme qui le soutient et ne lui garde pas rancune atteste devant la Cour que son mari souffre, depuis quatre ans, de troubles mentaux. «De temps en temps, il est pris d’une crise d’hystérie», confie-t-elle au magistrat. Elle affirme aux trois juges, documents à l’appui, que son mari est suivi depuis plusieurs mois par un psychiatre.
Elle se souvient exactement de cette nuit du jeudi 28 juillet 2011. Vers 21h30, elle est sortie pour faire quelques courses pas loin de chez elle. A son domicile, il y avait son mari et ses deux enfants. Pas plus d’une demi-heure plus tard, elle est retournée chez elle et, bizarrement elle constate que la porte était fermée de l’intérieur. Elle a frappé mais on n’a pas ouvert. Que s’est-il passé ? Elle ne savait rien. Comme une folle, elle a recouru chez ses voisins qui sont arrivés après des efforts à ouvrir la porte. En fonçant à l’intérieur, ils ont découvert que Lahcen est par terre gisant dans une mare de sang. Et les deux enfants ont été trouvés, corps sans âmes, dans la salle de bain. Leur père les a tués par étouffement en noyant leurs têtes dans un seau rempli d’eau.
«Je ne me souviens de rien, M. le président», balbutie-t-il devant la Cour. Le rapport de l’expertise psychologique confirme sa déclaration.
Verdict : Lahcen est jugé irresponsable de son acte criminel et doit être interné à l’hôpital psychiatrique Ibn Al Hassan.

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