La fin d’un réseau de prostitution au Golfe

La fin d’un réseau de prostitution au Golfe

Charmante et de taille svelte, Fatima Zahra vient d’avoir ses vingt et unième printemps. Ambitieuse, elle souhaite réussir dans son métier de coiffeuse, devenir riche et célèbre.
Pour cela, ses amies lui ont conseillée d’émigrer aux Émirats Arabes Unis.
«Tu pourras ainsi amasser une fortune en un temps record et retourner au pays pour ouvrir ton propre salon de coiffure», lui expliquent-elles. «Je connais Kaltoum qui aide les filles à partir aux pays du Golfe sans problème», lui dit l’une d’elles. Elle lui précise que cette Kaltoum qui occupe une maison à la commune rurale Lahraouiyine, à l’est de la ville de Casablanca, l’aidera d’abord à émigrer en Jordanie avant d’atterrir aux Émirats Arabes Unis. Peu importe pour Kaltoum. Ce qui est intéressant pour elle est d’arriver à son objectif final. L’adresse de Kaltoum à la main, Fatima Zahra se lance à sa recherche à Lahraouiyine. Malheureusement, elle ne la trouve pas chez elle. Sa mère lui explique qu’elle est en voyage, depuis quelques jours, en Jordanie et qu’elle retournera au plus tard dans une semaine. Fatima Zahra laisse son numéro de portable cellulaire à la mère de Kaltoum et retourne chez elle. Les dix jours passent. Et pas de coup de téléphone de Kaltoum. Est-elle revenue des Émirats Arabes Unis ou pas encore ? Fatima Zahra décide alors de lui rendre visite le lendemain. Impatiemment, elle souhaite la rencontrer le plus tôt possible. Un moment plus tard, son téléphone portable sonne. Qui est à l’autre bout de fil ? c’est Kaltoum. Elles fixent un rendez-vous. Elles se rencontrent à Lahraouiyine, discutent et se mettent d’accord sur une somme de six mille dirhams. Ce n’est pas trop cher pour Fatima Zahra qui s’éclate de joie. "Son rêve se réalisera le plus tôt possible", imagine-t-elle. Avec les six mille dirhams dans une main et une photocopie de son passeport dans l’autre, Fatima Zahra retourne chez Kaltoum pour la troisième fois. Cette dernière lui demande quatre cents dirhams de plus. «Pour fac-similé les photocopies de ton passeport à l’homme qui va préparer le contrat de travail», lui explique Kaltoum. Quelques jours plus tard, Fatima Zahra reçoit un appel téléphonique de Kaltoum. «Tu dois te préparer pour voyager dans quelques jours», lui promet-elle. Fatima Zahra est aux anges. Enfin, son rêve commence à se réaliser. Quand elle est arrivée à l’aéroport d’Amman, elle trouve à son accueil un certain Ahmed accompagné d’une jeune fille marocaine, Khadija. Tous les trois, ils arrivent à bord d’une voiture à l’hôtel «Le Cèdre». Fatima Zahra et Khadija y séjournent durant deux nuitées avant d’être rejoint par un certain surnommé «Al Houte» (Le poisson). Il les oblige à signer des papiers blancs et des chèques. Le lendemain, il les conduit vers une boîte de nuit, les oblige de porter des habits sexy, de danser, de s’asseoir avec les clients, de les inciter de plus en plus à se soûler…Elles cèdent sous la menace et la violence. En plus, elle doit payer la somme que porte le chèque qu’elle a signé au départ. Ne supportant pas cette situation, Fatima Zahra raconte son histoire à un client jordanien, un ange tombé du ciel. Il décide de lui venir en aide.
Il paie le montant du chèque au propriétaire de la boîte de nuit et l’aide pour retourner au pays.
Une fois arrivée à Casablanca, Fatima Zahra porte plainte auprès de la police judiciaire de Casablanca-Anfa. Kaltoum a été arrêtée. Cette jeune fille de vingt-quatre ans était une prostituée chez Al Houte avant de se convertir à une proxénète. Elle recrute les belles filles qu’elle rencontre dans les salons de coiffure ou dans les cafés. Elle les envoie à Al Houte qui les traite comme des esclaves.
L’enquête policière est arrivée à identifier une autre proxénète, Nawal, qui était recrutée chez Al Houte avant de retourner à son pays natal. Cette dernière a été arrêtée chez un certain Salah, un Jordanien qui emploie de belles filles dans des réseaux de prostitution en Jordanie et aménage un appartement pour la débauche.
Tous les trois ont été traduits, dernièrement, devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca. Elle a condamné le Jordanien Salah à trois ans de prison ferme assortie d’une amende de 10 mille dirhams. Quand aux deux proxénètes, elles ont écopé, chacune, de deux ans de prison ferme assortie d’une amende de cinq mille dirhams.

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