La perpétuité pour avoir tué une proxénète

«J’étais hors de moi, M. le président. Je ne savais pas ce que je faisais», a affirmé Abderrahim devant les trois juges de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Safi. Il est poursuivi pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, acte de barbarie et coups et blessures volontaires à l’arme blanche ayant  entraîné une infirmité permanente. En fait, Abderrahim risquait la peine  capitale. Qui est-il? Pourquoi a-t-il commis tous ces crimes ?
C’est en 1970 qu’Abderrahim a vu le jour au douar Aït Hadj Messaoud, cercle Tamanar, caïdat Talmest, province d’Essaouira. Si ses parents  l’avaient conduit à l’école coranique, ils ne l’ont pas inscrit à l’école primaire. À son dixième printemps, il a commencé à travailler dans les champs d’agriculture chez des tiers, et ce, afin de subvenir  aux besoins de sa famille. Avant d’atteindre son vingtième  printemps, il a appris à fumer, à s’enivrer et à se droguer. Et il a pensé à se marier. Une idée qui a hanté son esprit depuis le jour où il est tombé amoureux de Badiâ. Âgée de dix-sept ans, cette dernière était tombée sous son charme.
Une année plus tard, ils se sont retrouvés sous le  même toit. Et quelques mois plus tard, Badiâ est tombée enceinte. Au  terme de sa grossesse, elle a mis au monde un bébé de sexe masculin. Et puis un deuxième. C’est précisément lors de la naissance du second enfant que la situation matérielle du couple a commencé à se dégrader. Abderrahim a alors décidé de chercher un emploi loin de chez lui. Il a choisi la ville d’Agadir. Après y avoir passé quelques mois, il a décidé de rendre visite à sa femme et ses deux enfants. Une visite qui a tout chamboulé. Pourquoi? Les mauvaises langues lui ont révélé que sa femme le trompait en s’adonnant à la prostitution.
Le trompait-elle vraiment ? Il ne lui a pas posé la question. Mais, il a  remarqué qu’elle se maquillait, passait son temps chez une femme, Hnia, qui jouissait d’une mauvaise réputation et qui vivait aisément. La solution ? Il s’est contenté de la solliciter à l’accompagner, ainsi que ses deux enfants à Agadir. Elle lui a exprimé son accord. Mais, le jour du départ, elle a renoncé à l’accompagner. Pourquoi ? Elle ne lui a rien justifié. Et c’était le moment où il a pris la décision de liquider toutes  celles qui ont conduit sa femme au gouffre de la prostitution. Comme  un fou et dans un second état, il est retourné chez lui pour saisir une  faucille. Sans adresser la parole à sa femme, il est sorti avec la faucille à la main. Sa destination ? La maison de Hnia, la  proxénète. Il lui a asséné plusieurs coups mortels. Puis il a coupé les doigts des mains de deux autres prostituées qui étaient chez elle. Après quoi, il s’est livré de son propre gré aux gendarmes. Des actes criminels qui lui ont coûté la perpétuité.

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