L’affaire des deux cadavres élucidée

Tout laissait supposer qu’il s’agissait d’un double meurtre : deux cadavres couverts d’ecchymoses et de contusions, celui d’un jeune homme et celui d’une jeune femme, jetés l’un sur l’autre dans un terrain vague du quartier Kouilma, aux environs de Tétouan. Ce samedi 18 novembre, en découvrant les deux corps, les enquêteurs du quatrième arrondissement de police et leurs collègues de la PJ constatent également les taches de sang au niveau de la tête, du nez et de la bouche.
Les enquêteurs du quatrième arrondissement de police de Kouilma, qui assuraient la permanence, ce samedi 18 novembre, et de la PJ de la sûreté de la ville qui se sont dépêchés sur les lieux et qui ont remarqué aussi des taches de sang au niveau de leurs têtes, de leurs nez et de leurs bouches mais pas la moindre trace de blessures sur les corps permettant de conclure à des blessures par arme blanche. De plus, le camionneur qui a découvert les corps et alerté la police n’a donné aucune information susceptible de faire avancer l’enquête.
En faveur de la thèse d’un double meurtre, les enquêteurs s’appuient sur le fait que les deux cadavres ont été jetés dans un terrain vague. Et qu’ils n’ont pas succombé à des blessures par arme blanche mais à quelque chose de plus tragique encore, sans doute une séance de torture. Certes, les enquêteurs se sont convaincus au départ qu’il s’agit bel et bien d’un double meurtre. Quant au meurtrier, les policiers sont convaincus qu’il s’agit d’un groupe, probablement un trio. Cela dans la mesure où le cadavre du jeune homme est celui d’un véritable colosse. Et que les deux cadavres ne portaient pas la moindre pièce d’identification sur eux, ce qui poussait à conclure que leurs bourreaux ont pris soin de détruire ces documents avant de se débarrasser des cadavres.
En fait, les policiers se perdent en hypothèses. Heureusement qu’en parallèle, les spécialistes de la police technique et scientifique travaillent d’arrache-pied dans les laboratoires de la DGSN à Rabat, pour résoudre l’énigme des deux cadavres. La jeune fille sera ainsi identifiée la première. Il s’agit de Rabiâ, âgée de vingt-deux ans. Puis viendra le tour du jeune homme. Il s’agit de Hicham, âgé de trente ans.
Il n’en faut pas moins aux policiers pour identifier complètement la jeune fille et rencontrer sa sœur, qui leur affirme que la défunte fréquentait les boîtes de nuit à la recherche de compagnons payants et qu’elle venait d’avoir une aventure amoureuse avec un jeune homme originaire de Tanger. Ce dernier fréquentait un café de la ville du détroit où les enquêteurs interpellent l’un de ses amis, qui ne se fait pas prier pour dire ce qu’il sait : «Hicham loue un appartement à M’diq où il passe des moments avec ses amantes».
Un appartement ! Sans doute le lieu du crime ! Les policiers se disent que le dénouement de l’affaire est proche. Ils se rendent aussitôt sur place. À la porte de l’immeuble en question, ils sont accueillis par le concierge qui lui non plus ne tarde pas à parler : «Personne ne les a tués» ! Tiens donc ? Dans ce cas, que s’est-il passé ? Le concierge avoue tout.
Hicham se trouvait en compagnie de Rabiâ dans l’appartement la veille du jour où les cadavres ont été découverts. Mais ils étaient déjà morts lorsque le concierge a senti une forte odeur de gaz devant leur porte.
C’est donc en vain que le concierge a frappé pour qu’on lui ouvre. Il n’y avait rien d’autre à faire qu’à défoncer la porte.
Lorsqu’il a découvert les deux corps dénudés gisant sans vie dans la salle de bains, le concierge a alerté le propriétaire de l’appartement. Mais ce dernier, qui louait clandestinement ce logement à des tiers, ne tenait pas à alerter la police. Il a préféré se débarrasser des cadavres. Le concierge a eu la charge de revêtir les deux cadavres, qui sont restés à l’intérieur de l’appartement durant toute la journée du vendredi. Vers minuit, le propriétaire de l’immeuble, aidé par son complice, a chargé les deux corps dans le coffre d’une voiture, une Mercedès 250. Puis il s’est dirigé vers le terrain vague et les y a déposés.
Le concierge a été arrêté et présenté devant la justice : il est poursuivi pour non-dénonciation et tentative de dissimulation de cadavres. La Mercedès a été découverte à l’intérieur du garage situé au rez-de-chaussée de l’immeuble. Par contre, le propriétaire de l’appartement est en fuite. Des sources policières précisent qu’il dispose de papiers d’identité espagnols. De là à supposer qu’il se trouve déjà en Espagne…

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