Le doute plane toujours sur un meurtre à Ben Ahmed

Le doute plane toujours sur un meurtre à Ben Ahmed

Dans un puits à Ben Ahmed, province de Settat, le cadavre d’Ahmed a été retrouvé, dans un état de décomposition très avancé avec une grave blessure au niveau de sa tête. Une découverte macabre qui remonte au mercredi 16 janvier 2008. D’abord, sa femme, Fatima, avait alerté, le vendredi 28 décembre 2007, les gendarmes de la disparition de son mari. Ce jour, Fatima a affirmé aux gendarmes que son mari était, la veille, en compagnie de sa fillette, chez son père. Il est retourné, tard, chez lui.
Le matin, elle ne l’a pas vu sur le fauteuil installé au salon où il a dormi. Est-il parti à son travail dans les champs agricoles ? Peut-être. L’après-midi, il n’est pas retourné chez lui. Bref, depuis, il n’a plus donné signe de vie. Vrai, faux ? La machine judiciaire a été mise en marche: Ahmed est une personne sans problèmes, il n’a pas d’ennemis et jouissait d’une bonne réputation… Aucun indice n’a permis aux enquêteurs de mettre la main  sur quelqu’un. Sa femme ? Pour un limier, il faut douter même de la victime, qui peut parfois se donner la mort. Alors, tout le monde a attesté qu’Ahmed n’était pas en désaccord avec sa femme. Qui lui avait asséné un coup au niveau de la tête ? Qui l’a jeté dans le puits ? Peut-être, elle, sa femme.
«Non, ce n’est pas moi. C’est Abdelaziz», a-t-elle lâché.
Abdelaziz est son amant et l’ami de son époux, a-t-elle précisé aux enquêteurs. Il était chez elle quand son mari, son fils aîné et sa fille n’étaient pas à la maison. Il a couché avec elle. Ce n’est pas la première fois qu’il partage avec elle le même lit, avait-elle avoué aux enquêteurs. À chaque fois que son mari et ses deux enfants étaient absents, Abdelaziz la rejoignait pour profiter d’un moment de plaisir. Jamais, personne ne les a surpris. Mais, la nuit du crime, toujours selon les déclarations de Fatima, son mari les a découverts tout nus, allongés sur le lit. Hébété, Ahmed ne savait quoi faire. Et Abdelaziz était plus rapide que lui. Il a rapidement quitté le lit pour saisir un bâton et lui asséner quelques coups sur la tête. Tous les deux l’ont jeté dans le puits. A-t-elle raison ? Abdelaziz, quinquagénaire, père de trois enfants a clamé son innocence. Il a affirmé n’avoir jamais trompé son ami pour coucher avec sa femme.
Et pourtant, il a été arrêté. Il a été traduit, ainsi que Fatima accusée de complicité et d’adultère. Depuis, ils attendaient leur jugement à la prison Aïn Ali Moumen.
Pendant tout ce temps de leur incarcération, Abdelaziz continue à clamer son innocence. Il ignorait pourquoi l’épouse de son ami l’a accusé gratuitement de meurtre. Il a adressé une plainte au parquet général de la Cour de Settat pour approfondir l’enquête policière. À ce propos, des instructions ont été données aux gendarmes. Fatima a été soumise, une fois encore, aux interrogatoires. Elle a renoncé à ses précédentes déclarations.
«Abdelaziz n’était pour rien. D’abord, je n’ai jamais entretenu de relation adultère avec quelqu’un», a-t-elle précisé.
Fatima a affirmé aux enquêteurs qu’Ahmed est arrivé tard chez lui. Et lorsqu’il l’a rejointe à la chambre à coucher, un malentendu, qui a embrouillé une petite conversation qu’ils avaient engagée sur le lit, a cédé la place aux mains. Aussitôt, elle est allée à la cuisine pour retourner avec un bâton à la main. Elle lui a donné un coup fatal sur la tête.
«C’est mon fils, Aziz, qui m’a aidée à le jeter dans le puits», a-t-elle affirmé.
Des déclarations qui ont été confirmées par le fils Aziz, âgé de dix-sept ans. Celui-ci a été traduit, dernièrement, devant la justice. Entre temps, une fois encore, elle déclarer qu’elle n’avait pas tué son mari : «Il est retourné à la maison avec du sang qui coulait de sa tête…».

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