Le futur mari est un escroc

Latifa a baissé la tête et a rougi par pudeur quand Mohamed lui a confié qu’elle a plu à son ami Samir. Enfin, la malédiction du célibat ne la poursuivra plus. Elle a déjà trente-sept ans et pourtant personne ne lui a parlé sérieusement de mariage. Mohamed lui a chuchoté que son ami, le futur mari, allait l’appeler sur le fixe et non sur son téléphone portable ! Effectivement, elle a reçu un appel. Son interlocuteur qui n’est que Samir lui a exprimé son désir de l’épouser. Latifa a gardé le silence. Elle ne lui a pas répondu. Il lui a expliqué qu’il lui appelait de Grenoble, en France où il a passé son enfance et sa jeunesse.  «Je pense retourner au Maroc pour monter mon propre projet», lui a-t-il précisé. Quelques jours plus tard, il lui a téléphoné une fois encore et lui a affirmé n’avoir pas la possibilité de venir au Maroc. Parce que sa mère est malade.
«Une fois que sa santé se rétablira, je serai chez vous…», lui a-t-il expliqué sur un ton sérieux. Quinze jours plus tard, Samir a téléphoné à Latifa, lui a confié être chez lui au Maroc et qu’il pense la rencontrer pour parler de leur mariage.
Latifa a accepté. A condition, qu’elle soit en compagnie de son frère. Dans un café du centre-ville casablancais, Samir qui était en compagnie de Mohamed a rencontré Latifa et son frère. Ils ont trop parlé de mariage, de sa vie en France, de sa mère malade, de son projet, de son choix de se marier avec une Marocaine. Ils ont fixé la date des fiançailles. Seulement, deux jours avant le rendez-vous, il lui a téléphoné et lui a demandé de la rencontrer.
«Mais sans que tu sois accompagné de ton frère, je veux te parler de choses personnelles…», lui a-t-il demandé.
Pourquoi ? Elle n’a pas posé de questions. Mais, elle l’a rejoint dans un café du centre-ville. Cette fois-ci, il n’était pas accompagné de Mohamed. Il lui a lancé la mauvaise nouvelle. «Ma mère est dans le coma et je dois aller à Grenoble, je suis son unique fils…J’ai besoin d’argent d’ici trois jours pour partir… », lui a-t-il expliqué.
Il lui a précisé qu’il avait mis tout son argent dans son projet, que la banque ne lui accordera pas un prêt et qu’il avait besoin de 30 mille dirhams. Durant deux jours, Latifa a réussi à lui amasser la somme, en vendant ses petits bijoux en or et en empruntant 10 mille dirhams de son père. Ayant empoché l’argent, Samir n’a plus donné signe de vie. Une plainte a été déposée auprès de la police, Mohamed a été arrêté en premier, puis son ami Samir. L’enquête policière a révélé qu’il n’était jamais un ressortissant marocain à l’étranger, qu’il n’était qu’un escroc qui a piégé dans ses filets, treize jeunes filles, que son vrai prénom est Abdellah et qu’il avait choisi d’appeler ses victimes du téléphone fixe pour que le numéro du Maroc ne s’affichait pas.
Repris de justice, Abdellah, a été condamné par le tribunal de première instance de Casablanca à deux ans de prison ferme. Quant à son complice Mohamed, il a été condamné à une année de prison ferme.

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