Le violeur s’était déguisé en fkih

Après avoir décroché son baccalauréat et trouvé un emploi de secrétaire dans une société à Casablanca, Aïcha n’a plus qu’une obsession : fonder un foyer. Un rêve qu’elle pensait réaliser à son 26e printemps lorsqu’elle a trouvé son âme sœur : un jeune enseignant. Seulement, voilà, après huit ans de mariage, pas d’enfants. Aïcha commençait à se lasser de son mariage stérile. Elle s’abandonne alors au stress et à l’angoisse. Pour Aïcha, sa vie ne pouvait changer qu’une fois un enfant viendrait égayer son foyer.
Un rêve que le destin ne voulait pas réaliser. Solution ? Aïcha se rend chez un premier gynécologue, puis un deuxième et un troisième…mais en vain. De même, son mari a passé de nombreux examens médicaux. Les médecins étaient tous catégoriques : Aïcha est stérile. Aura-t-elle, un jour, droit au miracle ? Aucun médecin n’a pu lui donner la réponse qu’elle voulait tant entendre. Mais tout, pour elle, restait possible. Il lui fallait juste suivre des traitements médicaux. Sans résultat. Aïcha n’a pas voulu baisser les bras. Alors elle a décidé de tenter d’autres alternatives pour tomber enceinte coûte que coûte. Un combat qui l’a menée vers un fkih. Il s’appelle Mohamed, âgé de 42 ans, marié et père de deux enfants. Chez lui, dans un quartier populaire, il a aménagé une chambre pour accueillir ses clients.Quand Aïcha s’est rendue chez lui, la première fois, elle était en compagnie de son mari. Ce dernier restait toujours à ses côtés pour qu’elle arrive à réaliser son vœu, mais aussi le sien. Le fkih les a accueillis chaleureusement. Il a mis au départ sa main droite sur la tête de Aïcha en marmonnant quelques mots incompréhensibles. Khaled le regardait curieusement. Peu de temps après, le fkih a mis de l’encens dans un brasero et a tendu à Aïcha une amulette lui demandant de la mettre sous son oreiller durant trois jours avant de revenir le voir. Avant de partir, Khaled lui a donné 50 dirhams. «C’est quoi ça ?», lui a lancé le fkih qui a réclamé un billet de 200 dirhams. Le couple ne pouvait que s’y plier. Trois jours plus tard, retour chez le fkih. Aïcha lui a remis l’amulette qu’elle a conservée sous son oreiller. Le fkih l’a mise dans le brasero avant d’ordonner au mari de sortir de la chambre. Un quart d’heure plus tard, le fkih l’a appelé et lui a demandé de faire sortir sa femme pour qu’elle reprenne connaissance. Pourquoi est-elle inconsciente ? Le fkih a affirmé au mari préoccupé l’avoir aspergée d’une eau magique et qu’elle s’est évanouie, ensuite. «Le diable qui la possède ne supporte pas la force magique», a-t-il ajouté. Après avoir empoché un autre billet bleu de 200 dirhams, il leur a donné rendez-vous dans trois jours. Car, selon ses explications, il a commencé à exorciser Aïcha et il devait arriver à expulser le diable.
A la troisième visite, le fkih a demandé à Khaled de ne plus mettre ses pieds dans la chambre réservée à des séances intensives d’exorcisme. «Parce que le diable qui la possède te hait. Il est jaloux de toi et il en est follement amoureux…C’est lui qui bloque sa grossesse…», a martelé le fkih. Le mari a suivi les consignes du fkih et est resté à attendre dehors. Une demi-heure plus tard, il a entendu les cris de sa femme qui lui demandait de l’aider. Khaled s’est précipité vers la chambre.
Aïcha était sous le choc en racontant à son mari que le fkih avait tenté d’abuser d’elle. Il n’y avait pas de diable ni d’exorcisme, c’était juste une ruse et Khaled et sa femme se sont fait avoir.  La police a arrêté le fkih qui a été traduit devant la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca. Il a été condamné à deux ans de prison ferme.

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