L’épouse contre l’acquittement des dettes

Pour Mohamed, il n’y a plus d’issue. Qui pourrait lui prêter de l’argent ? Tous ses amis lui avaient prêté de l’argent. Il n’avait jamais passé par une telle crise au point que l’étau a commencé à se resserrer autour de lui. Son salaire mensuel ne lui suffisait pas pour s’acquitter de ses dettes envers ses créanciers et répondre aux besoins de son foyer bien qu’il ne paie pas de loyer. Que devait-il faire ? Se dérober au regard de ses créanciers qui n’étaient que ses amis et voisins ? Leur demander à chaque fois de lui accorder un délai supplémentaire pour avoir de l’argent ? En fait, Mohamed n’a pas su à quel saint se vouer. Et enfin, il a pensé avoir trouvé la solution convenable. Laquelle ? S’adresser à Hassan, l’usurier qui ne demeure pas loin de chez lui à El Jadida.
Qui est ce Hassan qui a choisi de prêter, à des taux excessifs, de l’argent aux familles démunies ou déjà surendettées ? Il s’agit d’un quadragénaire, père de famille, un chômeur qui n’a même pas de quoi subvenir aux besoins de sa famille. Entre l’enclume du chômage et le marteau des besoins de sa famille, il a décidé de monter un petit commerce pour gagner sa vie. Mais, il n’avait pas d’argent. Quelques membres de sa famille lui avaient remis une importante somme pour commencer une activité digne. Quand il l’a empochée, il a pensé que le commerce ne lui rapporterait pas grand bénéfice ! En plus, il ne pouvait déployer d’effort pour gagner sa vie. La solution ? Il a pensé à un moyen plus facile qui peut lui permettre de gagner plus d’argent avec peu d’effort : l’usure. C’était en 2003 qu’il a commencé à profiter de la détresse des démunis et des surendettés et à les exploiter sans pitié. Mohamed en est un qui est tombé entre ses mains. Hassan ne lui a prêté de l’argent qu’après avoir accepté ses conditions : Lui signer des chèques à blanc susceptibles d’être des garanties, la signature d’une reconnaissance de dettes portant la valeur de la somme prêtée et de la valeur de l’intérêt global et le transfert mensuellement sur son propre compte d’une somme de mille dirhams. N’ayant pas le choix, Mohamed les a acceptés. Au fil des jours, l’usurier, Hassan, l’a sollicité d’augmenter la somme de mille dirhams qu’il lui remettait chaque fin du mois en la portant à deux mille dirhams en lui exigeant de ne plus la transférer par la banque, mais la remettre entre ses mains. Mohamed n’avait d’autre choix que d’obtempérer à ses ordres. Et la première dette est devenue comme une boule de neige. À chaque fois, Mohamed s’endettait auprès de l’usurier pour s’acquitter d’un autre au point qu’il s’est trouvé devant l’impasse. Depuis, il n’a plus versé la moindre somme d’argent. L’usurier a commencé à menacer Mohamed. En gage, ce dernier a mis entre ses mains les documents de son appartement. Mais ce qui a fait déborder le vase n’est autre qu’une demande étrange de Hassan : pour récupérer ses chèques et les documents de son appartement, il lui a demandé de lui céder sa femme durant une semaine. Hors de lui, Mohamed s’est adressé à la justice. Hassan arrêté et a été condamné à un an de prison ferme.

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