Les prétoires ne vont pas désemplir en 2007

Les prétoires ne vont pas désemplir en 2007

Les salles d’audience des tribunaux marocains referment leurs portes sur 2006. Pour mieux les ouvrir en 2007. Il y a assurément là de quoi se réjouir, puisqu’elles sont l’espace privilégié pour l’application de la loi contre ceux qui la bafouent et pour faire triompher la justice. Et soulager les victimes de ces criminels qui ont défrayé la chronique judiciaire durant 2006. On en compte d’ailleurs une dizaine, ceux qui seront jugés en cette année 2007 après avoir passé une année entre les mains des juges d’instruction.
La première affaire sera celle du tueur en série d’Agadir, Abdelhak Toumi. Ce quadragénaire, marié, avait déjà purgé une peine d’emprisonnement de dix ans de réclusion criminelle, entre 1994 et 2004 avant de tuer une deuxième femme en 2004 puis une troisième en janvier 2006. Ce tueur en série s’était fait remarquer par son mode opératoire : étrangler ses victimes de ses mains ou à l’aide d’un foulard après une séance d’amour puis découper leurs corps et les éparpiller à travers les différents quartiers de la ville. Les habitants d’Agadir attendent donc impatiemment l’examen du dossier de ce clochard qui avait abusé, au début du mois de janvier 2006, d’un mineur de quinze ans avant de le tuer à coup de couteau.
Deux autres affaires de viol de mineurs doublées de meurtre qui avaient défrayé la chronique judiciaire l’année dernière seront examinées en cette année 2007. Il s’agit d’abord de l’affaire qui avait eu lieu en octobre, en plein Ramadan, à Meknès et qui avait coûté la vie à Abdelaziz, mineur de sept ans. Ce dernier avait été violé et étranglé un peu avant la rupture du jeûne par un chômeur, proche de sa famille, âgé de dix-huit ans.
Pas moins d’un mois plus tard, un autre crime horrible et monstrueux qui avait coûté la vie à un mineur de trois ans et demi avait secoué Marrakech. Il s’agit de l’affaire du petit Hamza, âgé de huit ans, qui avait été kidnappé au quartier Sidi Youssef Ben Ali, conduit vers un chantier en construction pour être violé et assassiné. Les auteurs de ce crime abominable attendent leur jugement.
Sans aucun doute, les crimes de sang bouleversent les sociétés surtout si le mobile relève de passions déviantes. C’est ce qui est arrivé ce jour de janvier 2006 aux habitants d’El Jadida quand ils ont entendu éclater l’affaire du meurtre de ce ressortissant français, homosexuel sexagénaire, perpétré par son amant, un jeune homme de vingt-huit ans avec lequel il entretenait une relation amoureuse. Ce dernier l’avait assassiné chez lui au quartier résidentiel Al Mourabitine en le criblant de plusieurs coups de couteau au niveau du cou et de la poitrine. Le mobile ? Le jeune avait perdu le contrôle de ses nerfs quand Jean-Paul lui avait révélé qu’il était atteint du Sida.
Un autre crime qui doit être examiné en cette nouvelle année et qui avait bouleversé l’opinion marocaine est celui qui a mis fin à la vie de l’avocat du barreau de Meknès, Brahim Hassitou et son épouse Maria Bennani, signalés disparus depuis février 2006. Les enquêteurs meknassis n’avaient élucidé ce crime qu’en septembre après des investigations minutieuses.
Une dizaine de mis en cause avaient été impliqués dans ces meurtres qui avaient été perpétrés par trois frères, propriétaires d’un restaurant populaire situé dans l’ancienne médina de la ville ismaélite. Ces derniers s’étaient introduits par effraction au domicile des victimes qu’ils avaient égorgées et dont ils avaient mutilé les corps avant de les transporter jusqu’à Cherrat, près de la ville de Témara pour se débarrasser des corps.
Le dernier crime qui sera examiné en 2007 est celui du quintuple meurtre perpétré, en mars, au douar Ouled Moussa Mansour Aït Hidra, caïdat Aïn Zawra, cercle Driouech, province de Nador. Ce crime qui demeure baigné de mystère avait été commis par un homme qui avait assassiné son frère, polygame et père de trente-sept ans, sa belle-sœur, sa nièce et deux petits-fils de son frère. Certes d’autres affaires très importantes n’ont pas encore été bouclées par la justice, mais les instructions entamées en 2006 ne manqueront certainement pas de passionner le public : il s’agit des affaires de détournement de deniers publics concernant entre autres les affaires de la CIH et du projet immobilier de Hassan II.
En cette année 2007, les salles d’audience à Casablanca, Agadir, Merrakech, Meknès ne manqueront pas d’actualité.

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