Meurtre sur fond de tentative de viol

Meurtre sur fond de tentative de viol

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. La salle d’audience est archicomble. L’assistance semble accorder une grande attention à l’affaire du meurtre dont le principal accusé est Abdallah. Nombreux sont ceux qui sont restés à l’extérieur faute de places pour attendre le jugement. Les policiers maintiennent l’ordre pour que l’audience se déroule dans les meilleures circonstances.
Le président de la Cour est rentré. Il fut suivi par le représentant du ministère public et le greffier. L’assistance se lève par respect à la cour. Sur ordre du président, chacun reprend sa place.
«Abdellah…», appelle le président de la Cour qui a ajourné déjà six dossiers à une audience ultérieure.
Au banc des accusés, un jeune homme se tient debout. Il traîne ses pas vers le box en tournant ses regards vers l’assistance comme s’il cherchait un membre de sa famille. Soudain, il s’est arrêté pour quelques secondes et lance un sourire. C’est Mouna, sa bien-aimée.
Les larmes coulaient de ses yeux, elle lève sa main droite en signe de salut. Elle n’a jamais imaginé voir celui qui a ébranlé pour la première fois de sa vie son cœur dans une pareille situation sans pouvoir réagir. Elle n’oubliera jamais leur première rencontre. Elle était à son dix-huitième printemps et lui à son vingt et unième. Leur histoire remonte à près d’une année et demie. Il lui faisait des avances jusqu’à ce qu’elle ait cédé.
Elle n’oublie pas ses mots mielleux et son grand cœur qui bat la chamade et lui garde un grand amour. Leurs rencontres se multiplient au fil des jours et deviennent ainsi deux tourtereaux inséparables. Leur relation amoureuse se consolide de jour en jour. Ils partageaient même de temps en temps le même lit.
Une relation qui prenait de plus en plus de la valeur à leurs yeux. Ils dégustaient le bonheur et prenaient plaisir. Cependant, un incident a chamboulé toute leur vie.
Le destin décide souvent ce que les êtres humains ne prévoient guère.
Comme à l’accoutumée, ils se sont rencontrés pour aller se promener pas loin de chez eux au quartier Sidi Othmane.
La main dans la main, Mouna et Abdellah conversaient, bavardaient et souriaient. Tout à coup, un jeune homme qui titubait, s’est tenu devant eux. Il était dans un état d’ivresse avancé. Mouna croyait qu’il voulait une aumône et lui a tendu un dirham. Cependant, il semble que ce n’était pas ce qui l’intéressait, il préférait autre chose : elle et rien qu’elle !
Le soleil s’est couché et le lieu est plus ou moins désert. Le jeune homme, à la vingtaine, a tenté de la saisir par la main. Mouna a reculé.
Stupéfait, Abdellah le regardait sans réagir. Qu’est-ce qui lui est arrivé ? Sa bien-aimée l’a fixé par ses regards innocents comme si elle le suppliait de la sauver. Tout à coup, Abdellah a poussé violemment le jeune homme tout en saisissant Mouna par la main. Le jeune homme avance une seconde fois vers la jeune fille, tente de la tenir par ses vêtements.
Hors de lui, le petit ami de Mouna s’est dressé droit devant l’agresseur, très en alerte.
Du coup, la tension est montée et la colère s’est emparée d’Abdellah. Emporté par la fureur, il a passé à l’attaque et a asséné un coup de poing au visage, puis un deuxième au ventre du jeune agresseur qui semble n’avoir pas l’intention de reculer.
Ce dernier s’est plié pour se relever ensuite et donner un coup de poing à Mouna qui a tenté de se réfugier derrière le dos de son ami.
Ce dernier n’a pu retenir ses nerfs, il l’a roué de coups de poing. Le jeune agresseur a brandi un couteau qu’il dissimulait sous ses vêtements et blesse Abdellah. Perdant tout contrôle de ses nerfs, Abdellah a attaqué son agresseur en le faisant tombé à la renverse. Le couteau est tombé de la main de ce dernier. Abdellah l’a saisi.
Mouna a commencé à crier, à demander à son bien-aimé de se calmer et le supplier de renoncer. Mais en vain. Abdellah est déjà passé à l’état second et a asséné trois coups de couteau à son agresseur. Trois coups fatals. Le jeune agresseur décède et Abdallah a été arrêté.
«J’étais en légitime défense M. le président…», précise-t-il devant la cour pour justifier son crime. Quoi qu’il en soit, un meurtre n’est jamais justifié. Bien qu’il a bénéficié des circonstances atténuantes, il a  été condamné à dix ans de réclusion criminelle.

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