Morte au nom de l’honneur de la famille

Morte au nom de l’honneur de la famille

Ilham a vu le jour le jeudi 7 septembre 2000 dans une famille du douar Ouled Âbdoune-El Krifate, à Fquih Bensaleh. Son parcours scolaire s’est arrêté au primaire.

Depuis qu’elle a quitté définitivement l’école, elle est restée chez elle sans penser à apprendre un métier. Mais, sans aucun doute, elle n’a jamais pensé, ni elle, ni ses parents, ni sa sœur et son frère que sa vie sur terre serait dramatique, uniquement seize ans après sa naissance.

La nuit du mardi au mercredi, 31 mai au 1er juin, Le téléphone portable d’Ilham a sonné. Cette dernière n’a pas hésité à répondre. A l’autre bout du fil, Amine, âgé de quarante-cinq ans. Une conversation s’effectuait à voix base entre les deux interlocuteurs. Il semblait qu’elle craignait d’être entendue par ses parents. Et effectivement c’est ce qui s’est passé ensuite. Ses parents ont entendu le bruit de la conversation, mais sans arriver à décortiquer ses détails.

Avec qui parlait-elle ? Qu’est-ce ce qu’ils se disaient? Qu’est-ce qu’ils partageaient ? Quelle relation entretenaient-ils ? Plusieurs interrogations qui sont passées par les têtes de ses parents qui n’ont pas pu tenir leurs nerfs. Aussitôt, tous deux ont rejoint leur fille pour l’obliger à leur révéler la vérité.  De quelle vérité parlaient-ils ? Leur fille, encore mineure, ne savait à quel saint se vouer. Elle s’est plantée à sa place ne pipant pas mot. Son père lui a demandé à qui elle parlait tout en lui expliquant qu’il ne lui permettra jamais de souiller l’honneur de la famille. Se muant dans le silence, les parents ont recouru à la violence pour l’obliger à cracher le morceau. Des coups de poing, des gifles, puis des coups d’un tuyau en plastique. Sans pitié, ils l’ont corrigée au point qu’elle s’est renversée dans les escaliers de la maison et a perdu complétement connaissance. Pas moins de quelques secondes, elle est passée de vie à trépas.
Alertés, les éléments de la gendarmerie royale et leurs collègues de la scène du crime se sont dépêchés sur les lieux. Ils ont remarqué un corps d’une adolescente plein de traces de violence, des blessures et des ecchymoses.

Les parents d’Ilham qui ont avoué avoir maltraité mortellement leur fille ont été arrêtés. Le cadavre d’Ilham a été transporté à la morgue du Centre hospitalier régional de Beni Mellal. Après autopsie, le médecin légiste a conclu que l’adolescente a rendu l’âme suite à une hémorragie cérébrale interne.
Le père et la mère d’Ilham ont été traduits, jeudi 2 juin, devant le parquet général près la Cour d’appel de Beni Mellal. Amine, le quadragénaire qui était en conversation téléphonique avec la victime, a également été interpellé par les gendarmes et gardé en détention préventive.

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