Nezha entre le virtuel «Mouhcine» et le réel «Saïd»

Nezha entre le virtuel «Mouhcine» et le réel «Saïd»

Il se tenait devant son PC et pianotait sur son clavier. Il surfait sur Internet, sûrement pas pour une information, une étude ou un emploi… mais pour chercher une jeune femme qu’elle soit célibataire, divorcée ou même veuve. Pour l’épouser ? Non, mais pour la mettre dans ses filets, la déplumer et l’accrocher à son tableau de chasse.
D’habitude, il surfait sur les sites qui proposent des rencontres entre les jeunes en quête d’une relation sérieuse. Autrement dit une relation qui aboutirait au mariage. Il a fini par tomber sur cette jeune fille surnommée «Nounou». Ils chattaient  depuis quelques jours déjà. Tout au long de leurs discussions, il lui a exprimé son désir de l’avoir comme âme sœur et être sa femme avec qui il aurait aimé partager le même toit. Il s’est présenté comme un fonctionnaire de la poste, nommé Mouhcine, ayant un bon salaire et disposant d’une voiture. Il ne cherche que l’occasion de fonder un foyer, a-t-il précisé. Au fil des jours, ils ont échangé leurs numéros de téléphone. Et c’est le début des SMS et des échanges de phrases d’amour. «Nounou», alias Nezha, qui réside à Oued Zem est tombée amoureuse de lui, du moins virtuellement.
Deux mois après, elle l’a informé qu’elle avait besoin de quelques accessoires pour son PC. Il lui a proposé de le rejoindre à Casablanca pour les acheter, surtout qu’il connaît un commerçant qui tient un commerce à Derb Ghallef  spécialisé dans la vente de tout ce qui a trait aux PC, lui a-t-il affirmé. Et c’était l’occasion idéale pour eux de se rencontrer et discuter directement. Elle a tout de suite accepté la proposition. Elle aussi rêvait de le rencontrer pour concrétiser leur rencontre virtuelle. Effectivement, elle est arrivée à Casablanca, mais quand le bonhomme l’a accueillie, il n’était pas motorisé comme il l’avait prétendu. Ils sont allés, à bord d’un petit taxi, faire un tour sur la côte. Il l’a conduite ensuite à Morocco Mall, avant de se permettre une promenade sur les sables de la plage. Tout d’un coup, des policiers leur ont demandé leurs papiers. Ils étaient surpris, surtout qu’ils marchaient tranquillement. Mais, il semble que le destin a voulu que la fille découvre ce qui est vraiment Mouhcine. Quand il a décliné sa CIN au policier, celui-ci lui a demandé s’il s’appelait Saïd Tahar, «Mouhcine» a confirmé. La jeune fille n’en croyait pas ses oreilles, elle lui a demandé s’il était «Mouhcine» ou «Saïd». Il n’a pas émis le moindre commentaire. Les policiers les ont conduits au commissariat. Et là, la jeune Nezha a découvert ce à quoi elle ne s’attendait guère. «Mouhcine», le célibataire, le fonctionnaire  virtuel, n’est en réalité que Saïd, le père de deux fillettes, un malfaiteur, escroc et repris de justice qui a purgé sa dernière peine le mois dernier. Nezha a découvert aussi qu’elle n’est pas sa première victime, mais elle est l’une de celles qui ne lui ont pas cédé corps et poche.

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