Noyade ou crime de meurtre?

Noyade ou crime  de meurtre?

Ils se tiennent tous les trois devant le président de la Cour épaulé par ses deux assesseurs. Dès l’ouverture de l’audience, ils nient les charges retenues contre eux, à savoir coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner et ils essaient de convaincre la Cour qu’il ne s’agit que d’une noyade.

Nous sommes à la salle d’audience de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Beni Mellal. Les trois mis en cause, Hassan, Mohamed et Jamal, âgés respectivement de vingt-six, vingt-huit et trente-deux ans, sans profession et célibataires, se tiennent au box des accusés. Ils continuent à nier avoir tué leur ami, un Marocain résidant à l’étranger, âgé de trente-six ans, marié et père de deux fillettes, et avoir jeté son cadavre dans un canal d’irrigation situé au douar Ouled Bouâzzi, Sebt Ouled Nemma, dans la région de Fkih Ben Saleh.

Mais, le représentant du ministère public les accuse d’avoir commis ce crime de meurtre alors qu’ils étaient sous l’effet de l’alcool. Ce dernier a étalé devant la Cour toute l’affaire en expliquant que les trois amis ainsi que le défunt avaient décidé de passer ensemble une nuit bien arrosée et ce à la belle étoile. Dans le procès-verbal, les enquêteurs de la gendarmerie royale ont affirmé qu’ils ont été alertés par de jeunes hommes du douar qui ont découvert le cadavre.

En se dépêchant sur les lieux, ils ont remarqué que le cadavre du défunt portait des traces de violence. Des investigations ont été entamées et ont ciblé l’interrogatoire de plusieurs suspects demeurant au douar. Mais tous les témoignages recueillis ont attesté que les trois jeunes qui se tiennent au box des accusés étaient les dernières personnes qui étaient en sa compagnie. Chose qu’ils ont fini par avouer, sans omettre de préciser que le défunt s’était jeté dans le puits d’irrigation après avoir trop bu.

Bref, ils avaient l’intention de convaincre même la Cour qu’il s’agissait d’une noyade. Mais, devant les traces de violence présentes sur le corps du défunt, leurs arguments ne pouvaient tenir et c’est tout logiquement que les enquêteurs ont déduit qu’il s’agissait bien d’un crime de meurtre. Chacun des trois mis en cause a écopé de 16 ans de réclusion.

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