Oujda : Un sexagénaire accusé d’abus sexuels

Karima regrette-t-elle d’avoir confié sa fillette de cinq ans à sa sœur et à son beau-frère ? Certainement oui.
Il y a douze ans, cette jeune ressortissante marocaine en Hollande, originaire de la ville d’Oujda, s’est mariée suite à une histoire d’amour.
En1997, la jeune femme a donné naissance à un garçon puis au mois d’août 2001 à une petite fille, Malak. Comme tous les parents, Karima et son mari adorent follement leurs deux petits anges. Avec enthousiasme et abnégation, ils prenaient soin d’eux et veillaient sur leur éducation. Ils étaient très attachés à leurs enfants.
Radia, la sœur de Karima, qui habite Oujda, leur rendait de temps en temps visite en Hollande en compagnie de son mari Miloud. A chaque fois, elle lui exprimait son désir de prendre en charge la petite fille, Malak. Mariés depuis belle lurette, Radia et Miloud n’ont pas eu d’enfants. Miloud est-il stérile ? Non, puisqu’il a un enfant, fruit de son premier mariage.
Et pourtant, il n’a jamais pensé répudier sa femme ni de se remarier avec une troisième femme pour avoir d’autres enfants. Une question d’amour ? Peut-être. Ce qui est sûr est qu’il n’a jamais pensé se séparer d’elle depuis leur union, il y a de cela vingt-sept ans.
Karima ne répondait jamais à la proposition de sa sœur. Elle faisait semblant qu’elle n’a rien entendu. Et pourtant, Radia ne ratait aucune occasion pour réitérer sa demande. Elle insistait. Son mari, Miloud, l’aidait en expliquant à sa belle-sœur, Karima, qu’ils vont traiter la petite Malak comme leur propre fille. Karima refusait sans le dire clairement.
Quand sa relation conjugale avec son mari a commencé à s’embrumer, Karima a changé sa position. En 2005, elle a confié sa petite fille à sa sœur Radia et son mari Miloud. Le couple était aux anges. Enfin, ils ont un enfant pour égayer leur foyer. Miloud, retraité depuis janvier 2001, n’a plus d’autres préoccupations que Malak. Il la dorlotait, prenait soin d’elle, veillait sur elle comme sa propre fille, jouait avec elle, l’emmenait aux jardins de la ville et au parc de jeu, lui achetait les jouets, les bonbons et même un téléphone cellulaire. Il lui a meublé sa petite chambre à coucher. Elle passait la nuit avec eux dans leur chambre et sur leur même lit. En juillet 2006, Karima était en vacances à Oujda. Elle a décidé d’emmener avec elle la petite Malak. «Je suis obligée de l’emmener avec moi pour renouveler mon passeport et pour accomplir quelques procédures administratives», leur a-t-elle expliqué Karima. Elle l’a effectivement emmenée avec elle à la fin des vacances.
En novembre 2006, Radia et son mari, Miloud sont partis à Bruxelles, en Belgique pour y passer quelques mois chez des membres de leur famille. Karima et ses deux enfants dont Malak, les ont rejoints quelques semaines plus tard. Miloud a sollicité les deux enfants de passer la nuit avec lui.
Au milieu de la nuit, le garçon s’est réveillé en sursautant, quand il a entendu un cri strident de sa sœur. Qu’est-ce qui lui est arrivé ? Le garçon ne savait rien, mais il l’a raconté à sa mère. S’agit-il d’un cauchemar ? Non, a répondu la fillette quand sa mère l’a interrogée. «C’est mon oncle qui me touchait là», a répondu la petite Malak en indiquant à sa mère sa partie intime. Étonnée, Karima ne savait quoi faire ni quoi dire. Est-ce vrai que cet homme de 67 ans ose faire des attouchements à sa petite fille ? «Il me la touchait à chaque fois chez lui…», a ajouté niaisement la petite fille.
Miloud et sa femme sont retournés, en mi-janvier 2007, à Oujda sans Malak. Sa mère Karima leur a promis son retour après la fin des procédures administratives.
Et elle l’a conduite chez le médecin. Lorsqu’il l’a examinée, il a découvert qu’elle a perdu son hymen. Karima n’a pas cru ses oreilles. Elle a pris l’avion en compagnie de sa fille à destination d’Oujda où elle a déposé une plainte contre son beau-frère. Arrêté, ce dernier a nié en bloc les charges retenues contre lui. «C’est un coup monté contre moi par ma femme et sa sœur», s’est-il défendu. Pourquoi? Il a expliqué aux enquêteurs de la PJ d’Oujda qu’il avait refusé que sa femme séjourne en Hollande. Cette dernière, a-t-il ajouté aux limiers, s’est adressée à trois reprises à la justice pour demander le divorce. La dernière plainte qu’elle ait déposée remonte au 13 février 2007.
S’agit-il vraiment d’un complot ? Si oui, pourquoi la fille l’a accusé d’avoir enfoncé son doigt dans sa partie intime et non son sexe ? Me Karima Dadi, avocate du barreau d’Oujda, qui soutient la victime au nom de l’association «Touche pas à mon enfant», explique que le certificat médical délivré par le médecin atteste que la fille a perdu son hymen.

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