Par jalousie, elle empoisonne sa voisine

Par jalousie, elle empoisonne sa voisine

L’air triste, les larmes aux yeux, Amina se tenait au box des accusés. Elle fixait de temps en temps l’assistance comme si elle cherchait les membres de sa famille qui devaient, en principe, être auprès d’elle afin de la soutenir. En fait, elle cherchait uniquement son époux, Omar, qui se tenait sur l’un des sièges, portant son petit enfant, Mohamed, âgé de cinq ans. Celui-ci fixait sa mère tout en posant sa tête sur la poitrine de son père. En fait, il ignorait la peine que risquait sa mère. Amina, âgée de trente-neuf ans, n’a jamais imaginé que l’amour serait la cause de ses malheurs et de sa tristesse après avoir cru durant ses six ans de mariage qu’il serait à l’origine de sa gaieté. Elle n’oubliera jamais le jour où elle a croisé Omar, il y a huit ans, non loin de chez elle au quartier Sidi Othmane à Casablanca. Elle retournait de chez une amie avec qui elle a passé un bon moment. Omar n’était pas son voisin du quartier, il demeurait à Mohammedia. Mais, il venait rendre visite à l’un de ses amis qui demeure à la même ruelle qu’elle. Elle a remarqué Omar qui la fixait tout au long du chemin de la ruelle. Elle a même partagé un sourire avec lui. Le lendemain, Omar est retourné au quartier faisant semblant d’avoir l’intention de partager quelques moments avec son ami. Alors qu’en fait, il n’avait l’intention que de voir Amina qui a commencé à hanter son cœur. C’était le coup de foudre.
De fil en aiguille, ils ont commencé à se rencontrer pour finir par décider de se marier. Effectivement, ils ont convolé en justes noces. Sous le même toit, les deux époux n’avaient pas de problèmes. Omar, employé de son état, gagnait dignement sa vie et Amina, femme au foyer, s’occupait des tâches domestiques. Une année plus tard, elle a mis au monde un nouveau-né qu’elle avait prénommé Mohamed. «Pourquoi l’as-tu empoisonnée?», lui a demandé le président de la Cour à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Les yeux hagards, Amina a gardé le silence comme si elle ne se souvenait pas d’avoir empoisonné sa voisine, Malika. Âgée de vingt-trois ans, cette ouvrière est arrivée à louer une chambre au rez-de-chaussée du domicile où Amina et son époux occupaient deux pièces au premier étage. Tout est normal et ordinaire. Jusqu’au jour où Amina a remarqué son mari qui discutait avec Malika. Quand elle lui a demandé une explication, il lui a affirmé que Malika lui a demandé de l’aider à avoir son certificat de résidence. Amina ne l’a pas cru. En plus, peu importe pour elle. «Je voulais juste qu’elle nous laisse tranquille, M. le président», a affirmé Amina devant la cour. Depuis, Amina remarquait son époux qui adresse la parole à sa nouvelle voisine. Un comportement qui a commencé à susciter sa jalousie. «Mon mari m’a expliqué qu’elle lui demandait d’intervenir auprès du moqadem du quartier afin que celui-ci lui établisse des papiers surtout le certificat de résidence», a-t-elle répondu à la Cour. Et pourtant, elle ne l’a pas crue. La jalousie lui rongeait le cœur à chaque fois qu’elle le trouvait au vestibule en train de causer avec Malika.
«J’ai compris une seule chose: c’est qu’elle lui tend un piège pour l’épouser», a-t-elle expliqué à la Cour. Et elle a décidé de se débarrasser d’elle. Comment ? Elle l’a invitée chez elle. Elle lui a servi un café au lait mélangé de raticide. Pas moins de quelques minutes, les douleurs ont commencé à déchiqueter le ventre de Malika. Puis, elle a rendu l’âme. L’autopsie a révélé qu’elle a été empoisonnée. Amina a été arrêtée et condamnée à trente ans de réclusion criminelle.

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