Perpétuité pour la meurtrière des deux jumeaux à Agadir

Perpétuité pour la meurtrière des deux jumeaux à Agadir

Le visage impassible, les regards hagards et l’esprit déconnecté, Jamila se tenait, cet après-midi du jeudi 8 avril, au box des accusés. Nous sommes à la chambre criminelle, deuxième degré, près la Cour d’appel d’Agadir. Tous les habitants d’Inezgane voulaient voir cette jeune fille, sans pitié, qui est arrivée à perpétrer le double crime qui a suscité l’émoi et la stupéfaction de tout le monde et qui a défrayé, l’été dernier, la chronique judiciaire. Jamila avait été condamnée, en premier degré, à trente ans de réclusion criminelle assortie de dommages et intérêts de deux cent mille dirhams au profit de la famille des deux victimes. Une condamnation qui semble être clémente contre cette jeune fille qui est née en 1989 à Taliouine, province de Taroudant. Issue d’une famille indigente, elle a été livrée, par ses parents pour être recrutée comme domestique. Au fil des jours, Jamila semblait n’avoir plus l’intention de travailler chez les familles. Mais, elle n’avait pas le choix.  L’été 2008, elle a atterri chez la famille de Brahim, un gendarme qui habite une villa située au quartier paisible Narjiss de D’chira Al Jihadia. Une famille composée de la mère, dentiste de son état, ses quatre enfants dont les deux jumeaux, Sarah et Adam, qui étaient à leur deuxième printemps et sa belle-mère. «Je subissais des mauvais traitements», a-t-elle affirmé pour justifier son acte odieux qui dépasse l’imagination. Une année plus tard, Jamila n’avait plus l’air de cette jeune fille qui travaillait avec bonne humeur, qui traitait les quatre enfants comme s’ils étaient ses propres enfants et qui s’occupait de toutes les tâches domestiques. Qu’est-ce qui lui est arrivé? Personne ne savait et ne prenait l’initiative de lui en demander. Ils l’avaient laissée à son propre sort. «Par téléphone, j’ai avisé mon employeur, Brahim, qui était à son travail, que ses deux enfants avaient disparu et que je les avais cherchés pendant une demi-heure sans résultat», a-t-elle précisé devant la cour. Le père et sa femme sont retournés de leur travail, ce jeudi 20 août 2009, pour chercher leurs deux enfants, âgés de trois ans. Jamila cherchait également. En vain. C’était le samedi 22 août 2009,une odeur nauséabonde avait piqué les narines de la grand-mère des deux jumeaux quand elle cherchait quelques objets à la cave de la villa. D’où provenait cette odeur ? La grand-mère cherchait à gauche et à droite ? Tout d’un coup, elle a remarqué des emballages en carton. Elle fouillait encore. Et c’était la mauvaise surprise : les corps de Sarah et son frère, Adam, sans âme, enveloppés dans un sac en plastique. C’était le choc. Qui les a tués ? Et pourquoi ? Les investigations ont été lancées par les limiers de la PJ d’Agadir pour tirer l’affaire au clair. La tâche n’était pas facile. Les enquêteurs ont ciblé l’entourage des jumeaux. Ils ont interrogé tous ceux qui se trouvaient dans la villa et ceux qui ne s’y trouvaient pas. Enfin, les propos contradictoires de Jamila leur ont mis la puce à l’oreille. Après quelques heures d’interrogatoire, elle a craqué et elle a avoué être la meurtrière. Elle les a étouffés, sans pitié, l’un après l’autre, les a enveloppés dans un sac en plastique et les a cachés parmi les emballages en carton. Après, elle a repris son travail comme si rien ne s’était passé. Quel était son mobile ? Se venger. Elle ne supportait plus être nurse et domestique à tout faire durant toute la journée dans une grande villa. C’est du moins ce qu’elle avait avoué aux enquêteurs. Méritait-elle uniquement trente ans de réclusion criminelle ? Non, a répondu la Cour de la chambre criminelle, 2ème degré. Et elle l’a condamnée à la perpétuité.

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