Piratage : Vaste fraude aux codes de téléphones mobiles

C’est une fraude gigantesque que viennent de démanteler les gendarmes de la section de recherches de Marseille (Bouches-du-Rhône), rapporte le quotidien français, «Le Parisien». Depuis plusieurs années, un réseau piratait «de façon industrielle» les codes de sécurité de téléphones portables à partir des bases de données, en principe sécurisées, des opérateurs. «Le Parisien» a précisé dans son édition du lundi dernier que ces codes étaient ensuite revendus sur Internet à des particuliers ou à des gérants de boutique peu scrupuleux qui pouvaient ensuite activer n’importe quelle carte SIM. La facture pour SFR, qui est à l’origine de la plainte, s’élèverait à plusieurs millions d’euros, et d’autres opérateurs comme Bouygues et Orange pourraient aussi avoir souffert du même réseau dont le responsable français a été arrêté mercredi, dans l’ouest de la France. D’autres suspects ont été interpellés un peu partout dans l’Hexagone. Parmi eux, un gestionnaire de site Internet et plusieurs salariés d’opérateurs téléphoniques qui, moyennant rémunération, sont allés piller les bases de données confidentielles à la recherche des fameux codes. «Il s’agissait d’employés ciblés pour leur accès à ce type de données», précisait à «Le Parisien» une source judiciaire. C’est à la fin de l’année 2009 que la société SFR s’est résolue à porter plainte à Marseille après avoir découvert l’étendue de la fraude et surtout des failles humaines dans le système de gestion de ces codes. Selon les enquêteurs, qui ont travaillé des mois sur ce dossier très technique, les codes étaient revendus environ 30€ l’unité par le réseau, soit à peu près dix fois ce que leur coûtait l’achat de ces mêmes codes auprès de leurs taupes. Les bénéfices engrangés quittaient ensuite la France pour s’évanouir sur des comptes bancaires offshore. Trois personnes ont déjà été mises en examen pour «vol en bande organisée» et «atteinte au système de traitement automatisé des données», et incarcérées. D’autres devraient suivre, et les investigations vont se poursuivre sur commission rogatoire internationale à l’étranger.

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