Pour cent dirhams prêtés, Hassan tue Ali

Pour cent dirhams prêtés, Hassan tue Ali

Mohamed marche rapidement, ce matin du mois d’août, près d’Oued ben Jlil à Tan Tan. Il se rend à son travail. Il n’a d’autre préoccupation que d’y arriver le plus tôt possible. Soudain, il s’arrête. Il lui est impossible de faire un pas de plus. Pourquoi donc ? Que lui arrive-t-il ?
Mohamed se trouve devant le corps d’un homme sans vie ! Que faire ? S’enfuir ou alerter la police? Tempête sous un crâne… Tout se brouille dans sa tête : l’instinct d’éviter les problèmes et le devoir de témoigner, même s’il n’a rien vu d’autre que ce corps sans vie.
Quelques minutes plus tard, il se voit entouré d’une foule de curieux qui lui demandaient ce qui est arrivé à l’homme. «Je n’en sais rien, je viens de le trouver», balbutie-t-il en fixant le cadavre du regard. Mohamed n’a désormais plus d’autre choix que de rester sur place jusqu’à l’arrivée de la police judiciaire.
Les policiers ne tardent pas à arriver. Ils constatent que le corps présente trois blessures au niveau de la poitrine. Parmi les badauds, personne ne peut fournir le moindre élément en mesure d’aider les enquêteurs à prendre le chemin menant à l’auteur du crime.
A la morgue, l’autopsie révèle que la victime a été tuée par un objet tranchant. La victime est rapidement identifiée : il s’agit d’Ali, un jeune homme bien connu dans la région.
La famille du défunt affirme aux enquêteurs que leur fils les avait accoutumés à passer la nuit avec ses amis en dehors de chez eux et ce, pour se droguer et se soûler. Qui sont ses amis ? La famille révèle quelques noms. Mais toutes les personnes citées nient avoir passé la nuit du crime en compagnie de la victime.
Pour les enquêteurs, c’est le retour à la case départ : la famille d’Ali, auprès de laquelle elle obtient d’ailleurs un élément nouveau : «Abdellah qui était en sa compagnie, hier, est venu le chercher tôt le matin…».
Pourquoi ce Abdallah est-il venu le chercher alors qu’il était en sa compagnie la veille ? C’est la question que les enquêteurs s’empressent de poser à Abdallah, un repris de justice, ivrogne invétéré et drogué notoire, le genre d’homme que tout le monde préfère éviter.
Abdallah est âgé de dix-neuf ans. Il a quitté très tôt les bancs de l’école puis a purgé quelques peines d’emprisonnement pour vol et agression. Mais il n’a jamais tué qui que ce soit. Aurait-il commencé son parcours de meurtrier par la victime ? Oui, répond Abdallah aux enquêteurs.
«Nous travaillons tous les deux depuis quelques mois au chantier du barrage Oum El Mileh…», déclare-t-il.
Mais pour quelle raison l’a-t-il tué?
Ils avaient terminé leur journée de travail. Ils se sont installés pour boire et se saouler. D’un verre à l’autre, d’une parole à l’autre, Abdellah s’est souvenu d’un billet de cent dirhams qu’il avait prêté à Ali et le lui a réclamé. Ali a refusé. Comme ça, sans raison.
C’est ainsi que la conversation a cédé le pas aux injures. Jusqu’à ce coup de poing qu’Ali assène à Abdellah. Hors de lui, Abdallah brandit le couteau qu’il cachait sous ses vêtements et le frappe de trois coups successifs avant de s’enfuir.
Le lendemain matin, Abdallah aura beau prendre soin de venir frapper à la porte de la famille de sa victime en demandant à voir Ali. Mais cela ne suffit pas é détourner les soupçons qui très vite vont peser sur lui.
Arrêté et conduit en prison, Abdellah attend actuellement de passer en jugement.

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