Pour faire plaisir à sa maîtresse, il devient infanticide

Pour faire plaisir à sa maîtresse, il devient infanticide

Nous sommes à Souk Larbâa du Gharb à 40 km au nord-est de la ville de Kénitra. Fouzia, encore célibataire, demeure à Hay Hind, un quartier résidentiel où les habitants vivent cloisonnés et ne se connaissent même pas. Elle est mère d’un enfant âgé de six ans, fruit d’une relation, certes extraconjugale, mais d’amour du moins de son propre côté. Elle avait 19 ans. Elle se souvenait de ce jour quand elle a été croisée par un jeune homme, Rachid, qui lui a lancé un premier sourire, puis une première parole, ensuite un premier café et un premier moment sur le même lit. Toutes ces premières fois sont devenues au fil du temps des habitudes. Très attachée à lui, elle lui a tout donné, non seulement son âme, mais aussi son corps. Elle a cru effectivement à ses paroles et à ses promesses de l’épouser au point qu’elle n’a jamais pris ses précautions quand elle était à ses côtés sur le même lit. Résultat : elle est tombée enceinte et il lui a tourné le dos. Elle a tenté de le convaincre d’assumer sa responsabilité de père. En vain. Elle s’est retrouvée seule avec son fœtus qui était dans son ventre. Personne ne l’a soutenue. Elle n’a même pas pu aller à la police pour dénoncer le père. Neuf mois plus tard, elle a mis au monde un beau garçon. Son père ne voulait pas le reconnaître. Fouzia lui a demandé à maintes reprises de le reconnaître pour lui permettre d’avoir le nom de famille de son père et d’être inscrit sur le livret de l’état civil. Toujours en vain. Il la considérait comme la seule responsable de ce qui lui est arrivé. Pire encore, il n’hésitait pas à lui lancer de temps en temps : «Je ne suis pas son père, va chercher ailleurs son vrai père». Fouzia a pris en charge son enfant, sans l’aide de personne. Mais, elle n’hésitait pas, de temps en temps, à contacter son ex-amant pour le solliciter de reconnaître le lien parental avec son enfant. Sans résultat. Elle avait toujours l’espoir qu’il penserait à son enfant. Un espoir qui s’est évaporé catégoriquement ce matin du mercredi 3 mars : l’enfant est sorti pour faire une course, mais il n’a plus donné signe de vie. Elle l’a cherché partout durant toute la journée dans l’espoir de le retrouver. Et elle a fini par alerter la police. Ils ont mené des investigations minutieuses. Sans fruits. Six jours plus tard, Fouzia a reçu un appel anonyme. C’est une interlocutrice qui lui a affirmé que son enfant avait été tué et avait été jeté dans un puits tout en lui indiquant le lieu où se situe le puits. Les éléments de la police judiciaire ont été avisés. Ils se sont dépêchés sur les lieux. Les éléments de la protection civile ont découvert le cadavre de l’enfant en décomposition très avancée. Le puits n’est pas éloigné de la demeure de sa tante paternelle. Aussitôt, son père a été soupçonné d’être l’auteur du crime. Jeudi 11 mars, le père a été arrêté à Ksar Kébir. Il a avoué être l’auteur du crime. C’est sa nouvelle maîtresse qui lui a proposé de se débarrasser de l’enfant pour que son ex-amante ne s’approche plus de lui. Effectivement, il est arrivé à convaincre l’enfant de l’accompagner quand il l’a croisé à Hay Hind. Il l’a conduit au quartier Ouled Hmad, chez sa maîtresse, où il l’a étranglé. Ensuite, il a porté le cadavre jusqu’au puits pour le jeter. Le père et sa maîtresse ont été conduits, dimanche 14 mars, à la scène du crime pour reconstituer les étapes effectuées pour se débarrasser de l’enfant. Le lendemain, lundi 15 mars, ils ont été mis entre les mains de la justice.

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