Pour l’héritage, il tue son grand-père

À la rue n° 30 dans le quartier Tafoughalt, à Oujda, les habitants ne croient pas encore ce qui est arrivé à leur voisin, Hammad, par les mains de son petit-fils, Alaâ.
Il était vingt et une heures trente de ce lundi 11 juillet quand Yamina, cinquante-cinq ans, a entendu des coups à la porte. Elle était seule à la masion. En principe, son mari, Hammad, soixante-dix ans, est allé à la mosquée pour accomplir la prière d’Al-Maghrib. C’était lui qui frappait à la porte ? Peut-être. Mais, il a les clés pour l’ouvrir. Elle continuait à entendre des coups. Yamina, qui était à la cuisine, a ouvert la porte. C’était Alaâ, le petit-fils de son mari, Hammad, qui est arrivé. Bien qu’elle n’ait jamais mis au monde des enfants, elle le considérait comme son petit-fils surtout qu’il ne cessait de leur rendre visite. Stérile, elle n’est jamais tombée enceinte. En plus, elle était la deuxième femme de Hammad. Sa première femme a accouché de la mère d’Alaâ et d’autres filles.
En fait, Yamina a accueilli chaleureusement Alaâ et lui a permis de rentrer tout en le félicitant d’avoir décroché son diplôme en informatique. Elle lui a demandé de l’attendre au salon et est allée à la cuisine. Quand elle est retournée avec un verre de boisson gazeuse à la main puisqu’il ne buvait pas du thé à la menthe, elle a remarqué qu’il avait mis des gants. Elle s’est arrêtée. Il lui a demandé de s’approcher de lui. Inquiétée, elle s’est abstenue. Aussitôt, il a avancé vers elle, il l’a saisie par son bras, l’a tirée vers lui pour la pousser violemment. Elle s’est renversée par terre. Alaâ a brandi un couteau qu’il dissimulait sous ses vêtements. Elle l’a supplié de se calmer. Mais en vain. Sans pitié, il l’a lardée de coups de couteau. Vingt-quatre coups à la tête, la poitrine, le dos… Il a même essayé de l’égorger.
Seulement, il a cru qu’elle a rendu l’âme. Quand il s’est apprêté à rentrer à la cuisine pour se laver les mains, il a entendu le grincement d’une clé qui tournait dans la serrure. Il s’est arrêté à sa place.
Certainement, c’est son grand-père qui est arrivé. Que devait-il faire ? Rapidement, il a éteint les lumières du salon, des chambres et de la cuisine et il s’est placé derrière la porte. Le grand-père est entré. Croyant que sa femme est plongée dans un profond sommeil, il s’est assis sur une chaise en attendant le muezzin qui devait appeler à la prière d’Al-Îchaâ. Tout d’un coup, le petit-fils, Alaâ, s’est jeté sur lui et lui a asséné des coups de couteau à travers son corps pour finir avec un coup de marteau sur la tête. En achevant son double crime, le petit-fils s’est réfugié chez sa tante. L’épouse du grand-père, Yamina, qui a été sauvée, par le Destin, d’une mort fatale a essayé de se tenir debout et de s’approcher de la table où se tenait le téléphone. Difficilement, elle a composé le seul numéro qu’elle apprenait par cœur à savoir celui de sa sœur qui demeure à Berkane. Celle-ci a alerté, aussitôt, la police et les éléments de la protection civile. Ils se sont dépêchés sur la scène du crime. Les deux victimes étaient encore en vie. Ils ont été évacués vers l’hôpital Al Farabi. Deux jours plus tard, jeudi 14 juillet, Hammad a rendu l’âme suite à ses blessures. Alors que sa femme est encore en vie. Alaâ a été arrêté, il a avoué son crime. Il n’avait l’intention de tuer, selon ses déclarations devant la police, que l’épouse de son grand-père. Le mobile ? Il a affirmé aux enquêteurs qu’il craignait que Yamina mette au monde un nouveau-né qui partagerait avec sa mère et ses sœurs l’héritage.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *