Pour obtenir de la drogue, il passait sa mère à tabac

«Je me drogue pour ne plus penser à rien», balbutie Khaled devant le tribunal. Vêtu d’un tee-shirt jaune et d’un blue-jeans et chaussé d’une sandale, Khaled se tient calmement au box des accusés, à la salle d’audience n°8 de la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca.
Né en 1986 à Casablanca, ce jeune homme issu d’une famille  pauvre n’a jamais eu de penchant pour l’école. Paresseux, il ne faisait pas attention à ses enseignants et n’apprenait pas ses leçons. Bref, l’école était, pour lui, un fardeau insupportable. Six ans plus tard, il décide de ne plus y retourner. Bien que ses parents aient déployé beaucoup d’efforts pour l’encourager à reprendre ses études, il ne voulait rien savoir. Ses parents l’ont même encouragé à s’inscrire dans un institut de formation professionnelle, mais en vain. Khalid s’est contenté de petits boulots comme apprenti chez un tôlier, un mécanicien, un soudeur, un coiffeur… À chaque fois, il laissait tomber sans aucun motif.
Enfin, il choisit de rester oisif sans même prendre la peine de chercher un emploi et encore moins d’en apprendre un. Plus rien, il n’avait même plus envie de contribuer aux charges du foyer, après le décès de son père. Passant son temps entre la maison et le rue, il finit par tomber dans la spirale de la drogue. Khaled est devenu un toxicomane qui ne peut en aucun cas passer sa journée sans prendre sa dose quotidienne de haschich et de comprimés psychotropes. Il lui fallait quotidiennement une somme allant de trente à cinquante dirhams. Qui lui donnait cette somme ? Son unique sœur qui cédait à ses menaces de mettre le feu à la maison ou de se suicider. Cette toxicomanie lui a coûté à deux reprises des peines d’emprisonnement : une première de six mois ferme et une seconde de huit mois ferme.
«Je me droguais même à la prison. C’est facile d’avoir un morceau de haschich ou des comprimés psychotropes», affirme Khaled devant le tribunal.
Dès qu’il quittait la prison, il devenait de plus en plus violent, envers ses  voisins et amis du quartier, mais aussi envers sa sœur et sa mère. Ce sont ces dernières d’ailleurs qui ont porté plainte contre lui pour qu’il soit arrêté une troisième fois alors qu’il n’est qu’à son 21e printemps.
Vers 10 H du matin, ce jour du mois de juillet, Khaled a pris son petit-déjeuner avant de sortir pour acheter sa dose de comprimés psychotropes. Ce jour-là, il lui semblait que la dose n’avait plus d’effet. En plus, il n’avait plus d’argent pour s’approvisionner. Que devait-il faire pour en avoir ? Il est rentré à la cuisine pour chercher des ustensiles qu’il pourrait vendre.
Sa sœur l’a rejoint et lui a demandé de sortir. Il a refusé. Elle a tenté de le faire sortir calmement. Mais, il l’a frappée. Sa mère, qui a entendu les cris de sa fille, est intervenue pour l’éloigner. Khaled a volé la thermos et s’est apprêté à sortir de la cuisine. Sa mère et sa sœur ont alors verrouillé la porte de la maison. Elles ont essayé de lui arracher la thermos. Énervé, Khaled a poussé sa sœur et s’est tourné vers sa mère. Il l’a rouée de coups. Sa mère criait en lui demandant de la relâcher.
En vain. Il a continué à la maltraiter, avec des coups de poings et de pieds, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. De peur que ça se reproduise, la mère a accompagné sa fille au commissariat de police pour porter toutes les deux plainte contre Khaled. «Je regrette d’avoir maltraité ma mère…», déclare-t-il au tribunal. Un regret qui n’a pas empêché le tribunal de le juger coupable pour voie de fait contre ascendant, violence et consommation de drogue et l’a condamné à un an de prison ferme.

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