Pour une partie de billard, il devient assassin

Zarrouk était chez lui quand son téléphone cellulaire a sonné. Au bout du fil, un inconnu qui lui annonce une mauvaise nouvelle : son fils, Mounir, âgé de 24 ans, a été évacué dans un état critique aux urgences de l’hôpital Mohammed V, à Casablanca. L’interlocuteur n’a rien expliqué au père qui est rapidement sorti de chez lui afin de prendre des nouvelles de son enfant. Les larmes aux yeux, il est arrivé aux urgences et s’est mis à chercher un peu partout son enfant.
Une infirmière lui a indiqué le lit devant lequel se tenaient deux hommes en civil et prenaient des notes sur leurs calepins. Ce sont des policiers qui procédaient au constat d’usage après le meurtre de Mounir. Quand le père a compris que le cadavre était celui de son fils, il s’est effondré à terre perdant connaissance. «Il est arrivé aux urgences après avoir été poignardé gravement au niveau de la poitrine et du ventre et légèrement à son bras et sa cuisse gauche», affirme le médecin-chef au père dès qu’il a repris connaissance. Qui est le meurtrier ?
Les témoins ont révélé aux policiers le nom de l’assassin. Il s’agit de Mohamed, âgé de 53 ans, père de trois enfants. Il est originaire d’Ighil, dans la région de Marrakech. La pauvreté a obligé sa famille composée de ses parents et d’une fratrie de trois sœurs et de deux frères, de rejoindre l’oncle installé à Casablanca. Il les a aidés à avoir une maison à Hay Mohammadi. Il s’est même chargé de Mohamed en lui offrant un emploi au sein de son commerce. Quelques mois plus tard, la mère de Mohamed est décédée et son père s’est remarié.
Au fil des jours, il a été appelé au service militaire. Après dix-huit mois, il est retourné au commerce de son oncle. Et suite à un malentendu, il a changé de métier pour devenir gérant dans un café. Il y a passé une vingtaine d’années avant la fermeture de l’établissement en 1999. À son 46e printemps, Mohamed s’est retrouvé au chômage. Que devait-il faire pour gagner sa vie? Avec la participation des membres de sa famille, il a loué un local qu’il a aménagé en salle de jeu. Samedi 23 juin. Après avoir pris son petit-déjeuner, Mohamed a ouvert la salle de jeu, comme d’habitude. Les clients du billard ne tarissaient pas. Vers 12 h 30, les deux frères, Ayoub et Omar, accompagnés de leur ami, Mounir, sont rentrés à la salle de jeu. Mohamed leur a demandé de quitter les lieux, parce qu’il avait l’intention de rentrer chez lui pour déjeuner. Faisant semblant de n’avoir rien entendu, ils ont continué à jouer. Mohamed leur a renouvelé sa demande, les accusant, cette fois-ci, d’avoir misé une pièce de vingt centimes et non pas un dirham. «En plus, je vous ai dit que je vais fermer la salle de jeu jusqu’au soir…», leur a-t-il lancé.
Énervé, Mohamed a saisi les boules du billard et réitéré sa demande. Aussitôt, Mounir a pris la canne du billard et est sorti de la salle de jeu en compagnie des deux frères. Mohamed les a suivis pour récupérer la canne. Seulement voilà, les trois garçons s’amusaient en refusant de la lui remettre. Ils ont même commencé à insulter Mohamed qui tentait de les rattraper. Un voisin est intervenu pour la récupérer et la remettre à Mohamed. Hors de lui, ce dernier est rentré chez lui. Sans dire un mot à sa femme, il est allé à la cuisine, a saisi un couteau qu’il a dissimulé sous ses vêtements et est sorti. Il est allé à la recherche des trois mauvais clients. Il a retrouvé Mounir et sorti son couteau pour lui asséner quatre coups mortels avant de retourner chez lui. Une demi-heure plus tard, on frappe à la porte de Mohamed. Face à lui les agents de la police. Il a été arrêté et traduit à la Cour d’appel de Casablanca. Il a été accusé d’homicide préméditation avec guet-apens.

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