Pour vingt dirhams il tue un commerçant

Pour vingt dirhams il tue un commerçant

Devant les trois magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, il affirme qu’il ne regrette pas avoir commis un crime, mais d’avoir tué un jeune commerçant qui jouissait d’une bonne réputation, qui n’a jamais fait de mal à personne et qui aidait tout le monde.
«Je l’aimais comme tout le monde au quartier, M. le président. J’étais sous l’effet de la drogue au point que je ne savais plus ce je faisais ou disais», avoue-t-il les larmes aux yeux.

Rare qu’un repris de justice qui a purgé plus de deux peines d’emprisonnement arrive à ce stade de regret et d’aveux. Les trois magistrats de la Cour, le représentant du ministère public, le greffier et l’assistance l’écoutent attentivement.

«J’ai avalé six comprimés psychotropes avant de boire du vin rouge», balbutie-il, toujours les larmes aux yeux.

Il s’appelle Brahim, âgé de vingt-sept ans, repris de justice. Ayant passé uniquement deux ans à l’école, il s’est retrouvé entre l’enclume de la rue et le marteau des SDF qui lui ont balisé le chemin de la petite criminalité : larcin, coups et blessures, dealer… En effet, il a purgé une première peine d’emprisonnement alors qu’il venait d’avoir ses dix-huit ans. Après sa sortie, il a rejoint une bande de malfaiteurs. Raison pour laquelle il a purgé deux autres peines d’emprisonnement d’un an et demi et de deux ans ferme.

Et pourtant, il n’a jamais renoncé à ses crimes. Très agressif, il n’épargnait personne de ses comportements violents, même sa famille.
«Inconsciemment, je me suis tenu debout devant lui. Je lui ai demandé de me donner vingt dirhams. Son refus m’a rendu fou de colère», ajoute Brahim.

Le jeune commerçant l’a sollicité de le laisser tranquille. Mais en vain. Il a brisé la vitrine de son local. Sortant de son commerce pour l’interdire de briser d’autres vitrines, Brahim a pris son couteau qu’il portait toujours sur lui et lui a asséné deux coups, un au niveau de la poitrine et l’autre au niveau de la nuque.

«Oui, sans raison, je lui ai donné deux coups de couteau…», avoue-t-il tout en exprimant son regret devant la Cour et demandant, lors de ses dernières paroles, le pardon auprès de la mère du défunt qui a assisté à l’audience.

Verdict : 20 ans de réclusion criminelle.

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