Pour voler son associé, il invente un hold-up

Pour voler son associé, il invente un hold-up

Il semble qu’il était sous le choc. Sans adresser la parole au policier qui se tenait à l’entrée du commissariat, dans le district El Fida-Derb Soltan, à Casablanca, il y est entré en se précipitant. Seulement, le second policier qui se chargeait de l’accueil l’a arrêté. Il lui a demandé ce qu’il voulait au juste. «Ils m’ont volé de l’or…Ils m’ont subtilisé de l’or», a-t-il balbutié tout en essayant d’essuyer les larmes qui coulaient de ses yeux. Le policier ne lui a pas demandé plus d’explication. Ce n’était pas à lui de le faire . Mais il lui a montré le bureau où les éléments de la brigade criminelle allaient l’entendre. Quand il y est entré, le chef de la brigade lui a permis de s’asseoir sur une chaise et lui a demandé de se calmer. Il l’a rassuré en lui disant qu’il allait récupérer son or. «Je suis bijoutier, M. le chef…Ils m’ont volé de l’or…de l’or brut, M. le chef», a-t-il affirmé sur un ton sincère. Le chef de la brigade lui a demandé de lui révéler tous les détails de ce qui lui était arrivé. Il a, par ailleurs, chargé le rédacteur de la brigade de noter toutes les déclarations du bijoutier. Quadragénaire, ce père de trois enfants a révélé au détective-rédacteur qui a commencé à pianoter sur le clavier de son PC qu’il a fait l’objet d’une agression à l’intérieur de sa bijouterie située à Hay Tissir. Comment ?
«J’étais sur ma chaise en train de façonner quelques bijoux en or quand trois jeunes hommes ont fait irruption. Ils étaient armés de couteaux. Ils m’ont menacé de meurtre si j’ai demandé secours. Ils m’ont ligoté les mains et les pieds. Ils m’ont obligé à ingurgiter une drogue avant d’obturer ma bouche avec du ruban adhésif. J’ai perdu connaissance», a-t-il précisé aux enquêteurs. Quand il s’est réveillé, a-t-il ajouté, il a découvert la disparition de huit cents grammes d’or. Ils n’ont pas mis la main sur un kilo et trois cents grammes dont il disposait, mais uniquement sur une partie. Bizarre ! Les enquêteurs se sont dépêchés sur la bijouterie. Un constat sur la scène du crime leur a mis la puce à l’oreille. Comment se fait-il que les trois lascars n’aient pas laissé la moindre trace ?
Au bureau du chef de la brigade, les limiers ont cerné le bijoutier et l’ont martelé de questions. En fait, il n’a pas donné de réponses concordantes. Et qui l’a découvert ligoté et l’a libéré ?
«Mon frère», a-t-il répondu. Son frère a été convoqué. Il a été mis dans un bureau à part, loin du plaignant. «Ton frère a tout livré…Il nous a révélé la vérité», lui a confié un officier de police.
En fait, ce n’était pas vrai. Le plaignant n’a rien révélé. Mais, il s’agissait d’une souricière qu’il lui avait tendue. Et la ruse a donné ses fruits. Comment ? Il a affirmé que son frère, le plaignant, lui avait demandé de lui ligoter les mains et les pieds et de lui obturer la bouche avant de saisir les huit cents grammes d’or brut et les dissimuler chez lui. Pourquoi? Le plaignant qui est devenu suspect a révélé aux enquêteurs avoir été chargé par un ami, également bijoutier de son état, de s’associer pour partager les bénéfices. À ce propos, il a mis à sa disposition la bijouterie et un kilo d’or brut. Le suspect a commencé le travail. Seulement, quelques mois plus tard, son associé lui a demandé de lui remettre sa part des bénéfices. Faute du moindre sou des bénéfices, puisqu’il avait tout gaspillé, il a fini par inventer ce scénario qui l’a mis sous les verrous, ainsi que son frère.

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