Procès Argana : Après la forme, le fond

Après une longue séance au cours de laquelle ont été entendus les huit présumés complices d’Adil Al Atmani, la Cour a décidé de les entendre à nouveau le 6 octobre. On s’attend à ce que le tribunal procède à l’examen de l’affaire quant au fond au cours de cette nouvelle séance. En effet, selon Me Soulami, avocat de la famille de deux des victimes françaises, elle sera consacrée aux réquisitions du procureur et aux plaidoiries des avocats de la défense des accusés et des victimes. Comme l’audition des neuf accusés et du seul témoin cité dans cette affaire a exigé deux séances pleines, on s’attend à ce que le procès dure encore deux ou trois séances. A l’instar d’Al Atmani, les huit inculpés qui ont été cités à la barre par le président Hamid Baya ont nié les faits qui leur sont reprochés. Toutefois la plupart d’entre eux ont reconnu avoir été en relations d’affaires avec Adil Al Atmani, le principal suspect. Ce dernier ayant nié les avoir jamais rencontrés, tout porte à croire que cette contradiction sera pleinement exploitée par le ministère public lors de la prochaine audience. La séance a également été marquée par une nouvelle joute oratoire entre avocats quand l’un des défendeurs des victimes a montré une photo tirée de la Toile et l’a soumise à l’un des accusés en lui demandant s’il s’y reconnaissait en compagnie d’Al Atmani. L’avocat du mis en cause s’est insurgé contre le procédé en rappelant les règles qui régissent le genre. Le président a alors appelé Al Atmani à la barre pour dire son avis sur la photo. Ce dernier a examiné le document et dit au juge avec son flegme habituel : «Vous vous moquez des gens ?» Si cette deuxième séance d’audition a révélé des failles et des contradictions dans les systèmes de défense des accusés, elle a néanmoins marqué un rapprochement entre les proches des victimes marocaines et étrangères de l’attentat qui ont décidé de créer au Maroc une antenne de l’association internationale des victimes du terrorisme. S’adressant à la presse, Guillaume de Saint Marc, directeur général de l’association française, membre de la fédération, a condamné la violence aveugle et a appelé à la solidarité entre gens épris de paix et de bonne entente entre les peuples.

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