Profession : Arnaqueurs des sociétés de financement

A son cinquante-sixième printemps, elle garde encore sa belle allure de jeune femme. Son vestimentaire et son maquillage séduisent encore plus d’un homme qui peut être trompé sur son vrai âge. Lentement, elle descend d’une citadine noire, qui vient de stationner pas loin du siège d’une société de financement, située à l’immeuble résidentiel de haut standing, Zénith Millenium, sis lotissement Attaoufik, Sidi Maârouf, à Casablanca. Un quadragénaire descend du même véhicule et la suit de près. Est-il son mari ? Peut-être. À pas mesurés et sans  regarder autour d’elle, la femme se dirigeait vers l’immeuble en question. Ils ne se parlaient pas. L’agent de sécurité ne leur a rien demandé et ils ont continué leur chemin. Où allaient-ils ? Au siège de l’établissement de crédit. En croisant un employé de la société, elle a échangé quelques mots avec lui. Il semble qu’elle lui a demandé un service. L’employé lui a indiqué le chef administratif. Sourire aux lèvres, elle a avancé vers le bureau de celui-ci. Et le quinquagénaire suivait encore ses pas sans dire un mot. Tous les deux ont pris place devant le bureau du chef administratif. C’est la femme, un dossier à la main, qui a pris la parole.
«Je m’appelle Fatiha et je veux un crédit…», lui a-t-elle dit en gardant le même sourire.
Montant du prêt ? La femme qui a remis le dossier au responsable, a affirmé avoir besoin de 90 mille dirhams. Au fur et à mesure que le responsable posait ses questions pour s’assurer que cette cliente remplissait les conditions nécessaires, les réponses, elles, devenaient de plus en plus incohérentes. Aussi, lui a-t-il demandé de l’attendre avant de consulter ses supérieurs.  En fait, il est allé téléphoner à la police. Pourquoi ? Dernièrement, les sociétés de financement ont accordé des crédits à des particuliers sur la base de faux dossiers. Une plainte s’en est suivie. Pour tirer l’affaire au clair, les enquêteurs de la police judiciaire ont demandé aux responsables des établissements de crédit de les alerter chaque fois qu’ils ont des soupçons.
Les enquêteurs se sont dépêchés sur les lieux et ont arrêté le couple. La femme a avoué être membre d’une bande d’escrocs qui cible les sociétés de financement. Elle a précisé qu’elle ne s’appellait pas Fatiha, mais Naïma. Son compagnon a été également arrêté. Il s’agit de Âtik, âgé de 52 ans, père de trois enfants. Tous les deux ont affirmé aux enquêteurs que deux autres personnes, membres de la bande, les attendaient dans la voiture. La police a pu arrêter l’un d’eux. Il s’agit de Brahim, âgé de 54 ans. Quant à l’autre, il a été arrêté au quartier Tabriket, à Salé, après avoir pris la fuite. Il s’agit du cerveau de la bande, Hassan, âgé de 45 ans. Chez lui, la police a saisi, entre autres documents, plusieurs fausses cartes d’identité nationale vierges, cartes grises, permis de conduire, certificats de résidence et plusieurs chéquiers. Les quatre escrocs ont été traduits devant la Cour d’appel de Casablanca.

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