Quand la jalousie égorge l’amitié

Quand la jalousie égorge l’amitié

Mohamed vient de purger une peine de trois ans à la prison Oukacha. Cela fait maintenant deux mois qu’il est revenu chez lui au quartier Assalam, à Sidi Bernoussi. Ce père de famille, qui a été arrêté à cause du trafic de drogue, a retrouvé ainsi son ami Abdelilah, un marchand ambulant de 45 ans avec lequel il passe la majorité du temps.

Comme à l’accoutumée, ils se rencontrent, cet après-midi du mardi 13 septembre. Ils font un tour au quartier avant de s’attabler dans un café. La nuit tombe. Quelques moments après, une jeune femme rentre au café et s’assoit dans un coin. Les regards se croisent. La jeune femme sourit. Et les deux amis décident de l’inviter à leur table faisant le pari de qui réussira à la séduire. Leur invitation est acceptée et la jeune femme se joint à eux. L’ambiance est détendue, tous les trois rigolent, bavardent et partagent des blagues comme s’ils se connaissaient depuis belle lurette. Au fil du temps, il paraît que  c’est Abdelilah qui va gagner le pari. Elle montre beaucoup d’intérêt envers ce dernier, boit ses paroles, ses mots, et rit aux éclats quand il raconte une blague… Mohamed se retrouve «out» malgré tous ses efforts pour la charmer. Fier de lui-même, et sûr de son effet sur la jeune femme, Abdelilah l’invite à l’accompagner. Elle accepte sans la moindre hésitation. Tous deux, main dans la main, empruntent le chemin vers un local chez l’un de ses amis. De l’autre côté, Mohamed traîne ses pas, tout seul, vers son domicile. Mais, il n’arrive pas à digérer que son ami, plus vieux que lui d’une dizaine d’années, arrive à séduire la jeune femme et passer la nuit avec elle. A cause de ce fait, il est resté éveillé toute la nuit. Il passe donc la journée du lendemain dans les bras de Morphée et ne sort que vers le soir.

Il se procure des comprimés psychotropes qu’il avale rapidement avant de se diriger vers un marché de la région. Là, il regarde son ami, Abdelilah en pleine activité, en train de vendre ses oignons. Il se glisse discrètement derrière lui. Rapidement, il le tire par les cheveux pour l’égorger ensuite comme un mouton. La scène ne dure que quelques secondes avant que Mohamed ne prenne la poudre d’escampette. La police d’Anassi se dépêche sur la scène du crime. Le cadavre est évacué vers la morgue. Les informations ont été recueillies par les enquêteurs qui apprennent que Mohamed séjourne chez sa belle-famille demeurant à Sidi Bernoussi. Pas moins d’un quart d’heure, il est épinglé. Pour quel mobile a-t-il tué son ami intime ? Mohamed répond qu’il s’était senti humilié quand son ami est arrivé à séduire la jeune femme. Il fut pris par une jalousie foudroyante

Samedi 17 septembre, Mohamed est traduit devant le parquet général près la Cour d’appel qui l’a gardé en détention préventive poursuivi pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens.

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