Quand l’honneur pousse au meurtre

Les éléments de la police judiciaire du district Sidi Bernoussi-Zenata, à Casablanca sont enfin soulagés. Il ne leur restait plus, ce mardi matin, qu’à effectuer le trajet du siège de la sûreté de Sidi Bernoussi au quartier Al Oulfa où se trouve le palais de la Cour d’appel afin de mettre le présumé meurtrier, Othmane, entre les mains du Parquet général.
Il était près de 10 h lorsque les éléments de la brigade qui s’est chargée de cette affaire sont arrivés au commissariat. Ils attendaient juste le feu vert du chef de la sûreté pour conduire le présumé meurtrier vers le lieu où le crime a eu lieu pour procéder à sa reconstitution. Quand Othmane est sorti du commissariat de police et conduit au fourgon qui devait l’emmener au quartier Sidi Moumen, tout le monde était surpris. Personne n’aurait cru que ce garçon de 14 ans à peine pourrait tuer un homme. «Mon honneur m’oblige à liquider quiconque qui essaierait d’y toucher…», balbutie Othmane aux enquêteurs  à leur arrivée au premier lieu de rencontre entre Othmane, la victime, un boucher, et deux autres personnes : Aziz, un mineur ami d’Othmane et Ahmed, un tailleur qui connaissait la victime.
«Lorsque je suis arrivé avec mon ami, Aziz, à la boucherie, il s’enivrait avec son ami, Ahmed… Il nous a invités à prendre quelques verres de vin rouge avec eux…Nous avons accepté…», raconte Othmane aux enquêteurs qui l’écoutaient attentivement.
Avec calme, Othmane prenait le temps de se souvenir des lieux où avait pris place chacun d’eux à l’intérieur de cette boucherie pour se soûler. «Nous conversions et bavardions sans problème», a-t-il affirmé aux enquêteurs sur un ton sec. Lentement, il a expliqué aux enquêteurs point par point tout ce qui s’est passé ce jour-là où il a mis fin à la vie du boucher. Ce dernier leur a demandé un peu plus tard dans la nuit de l’accompagner chez lui pour poursuivre la petite soirée. Othmane, Aziz et Ahmed étaient prêts à le suivre. Dans un sachet en plastique noir, le boucher a mis ce qui lui restait comme vin rouge avant d’emprunter le chemin de sa maison, située près de son lieu de travail. Le boucher occupait seul le rez-de-chaussée d’un petit immeuble appartenant à son oncle. «On est entrés sans le moindre bruit pour ne pas réveiller les voisins…», a expliqué Othmane.
Dans une chambre, les quatre amis se sont mis autour d’une petite table sur laquelle seul le vin rouge a été servi. Après quelques tournées, le boucher s’est tourné vers Ahmed pour lui demander de sortir chercher des cigarettes. Pas de protestation, Ahmed est parti. Le boucher et ses deux hôtes s’enivraient et bavardaient. Soudain, le boucher est allé chercher une serviette dans une autre chambre. Pourquoi faire ? Othmane n’y accordait aucun intérêt. Quelques instants plus tard, le boucher a appelé Othmane pour venir le rejoindre. Que voulait-il de lui ? Othmane n’en savait rien. Le boucher a verrouillé la porte et lui a demandé d’ôter son pantalon. Il lui a avoué qu’il le désirait. N’en croyant pas ses oreilles et pris de panique, Othmane n’arrivait plus à bouger. Il n’a jamais imaginé que son ami et voisin, le boucher, ne pensait qu’à abuser de lui. La demande du pédophile s’est transformée en menaces. Le boucher s’est approché du mineur et a tenté, d’abord, de l’embrasser et, ensuite, de lui enlever son pantalon. Othmane a commencé à crier, à demander secours. Son ami, Aziz, n’a rien pu faire, car la porte de la chambre était fermée à clé. Othmane a continué à crier au point que le boucher a fini par ouvrir la porte. Othmane a couru, tentant de quitter la maison. Mais, le pédophile l’a rattrapé. C’est là où, tout d’un coup, Othmane sort un couteau dissimulé sous ses vêtements. Il se tourne vers son agresseur et lui assène un coup de couteau mortel au niveau des côtes. Othmane et son ami Aziz ont pris la fuite. Un quart d’heure plus tard, Othmane a demandé à son ami de retourner à la maison du boucher pour s’assurer de ce qui est arrivé tellement il était perturbé. Aziz n’a trouvé personne à la maison et a saisi le sachet en plastique noir qui contenait du vin rouge. Il est retourné chez son ami qui l’attendait dans un terrain vague de Sidi Moumen pour vider les deux bouteilles. Et le boucher ? Il a rendu l’âme alors qu’il était en chemin vers l’hôpital.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *