Six ans de prison pour le viol d’une femme

Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Nouredine, qui se tient au box des accusés, ne manifeste aucun signe d’inquiétude. Il semble que ce monde des salles d’audience, des bancs et des box des accusés, des magistrats, des avocats et des geôles lui était familier. Effectivement, pour lui, ce monde n’était pas étrange puisqu’il était un repris de justice notoire. À son dix-huitième printemps, il avait déjà purgé une peine de huit mois de prison ferme pour vol coups et blessures. Et trois ans plus tard, il a été condamné à deux ans de prison ferme pour complicité au vol qualifié.
«Je suis innocent…Je n’ai contraint aucune fille pour faire l’amour avec moi…», clame-t-il à haute voix.
Nouredine précise devant la Cour que Fatima était venue chez lui de son plein gré et qu’il lui avait versé une somme de soixante dirhams quand il a satisfait son désir.
«C’est une femme de tout le monde M. le président», a-t-il précisé à la Cour. Fatima était-elle vraiment une fille de joie qui racole dans les rues et les boulevards casablancais ?
«Non, M. le président, je ne suis pas une prostituée…», déclare-t-elle pour rejeter les accusations de son agresseur.
Âgée de trente-quatre ans, cette mère de trois enfants, divorcée,  se tient près de Nouredine, les yeux hagards. Elle tourne de temps en temps ses regards vers sa mère et son fils aîné, âgé de quatorze ans, comme pour leur demander de ne pas croire le mis en cause.
Les larmes aux yeux, Fatima a expliqué à la Cour qu’elle était de retour de son travail, ce jour-là. Comme d’habitude, elle empruntait, seule, son chemin à destination de chez elle. Elle n’avait pas de temps à perdre. Ce 6 avril, elle était, comme à l’accoutumée, de retour de son emploi quand Nouredine lui a barré le passage. Que voulait-il d’elle? Elle n’en savait rien surtout qu’il ne lui a rien demandé au départ.
Il s’est contenté de la contempler. Fatima a tenté de reprendre son chemin à destination de chez elle, mais Nouredine l’a retenue par le bras. Elle l’a supplié de la relâcher parce que ses enfants l’attendaient. En vain. Il a brandi un couteau qu’il dissimulait sous ses vêtements et lui a intimé l’ordre de l’accompagner sans attirer l’intention de quiconque et sans tenter de crier. Terrifiée, Fatima s’est tue.
Il l’a conduite jusqu’à une maison et a poussé la porte qui était ouverte.
Un couteau planté près de ses côtes, Fatima n’a pas pu demander du secours. Dans une chambre, il l’a obligée à se dévêtir. Mais Fatima a refusé de s’allonger sur le lit. Nouredine l’a giflée violement tout en la menaçant du pire. Elle a fini par se rendre à l’évidence et il a abusé d’elle de manière inhumaine avant de la relâcher vers 23 H.
Une fois dans la rue, elle s’est adressée à un homme qui se rendait chez lui, lui demandant de l’aider. Elle était dans un état lamentable. Alertée, la police est arrivée sur le lieu pour trouver Nouredine encore chez lui et l’arrêter.
Nouredine a affirmé avoir été abandonné par ses parents depuis qu’ils ont divorcé pour se remarier chacun de son côté. Une situation qui l’a poussé au vagabondage, à la délinquance et à la drogue. Ce qui lui a coûté encore deux peines d’emprisonnement ferme.
Enfin, il purgera sa troisième après avoir écopé de six ans de réclusion criminelle. Une condamnation que ne rendra jamais Fatima heureuse puisqu’elle continuera sans aucun doute à se rappeler du calvaire de cette nuit du 6 avril.

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