Six ans de prison pour un meurtre

Six ans de prison  pour un meurtre

À qui doivent-elles recourir maintenant pour avoir de quoi vivre ? Elles, de leur côté, ne pensent qu’à lui qui se tient ce jour de septembre devant les trois juges de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Elles n’arrivent pas à se ressaisir et les larmes coulent à flots face à ce sinistre destin.

«Je n’avais pas l’intention de le tuer, M. le président… je voulais juste le corriger pour ne plus humilier ma mère et ma sœur», affirme Raouf au président de la Cour qui lui rappelle que sa poursuite n’est pas «homicide volontaire», mais «coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner».

En fait, Raouf est un jeune homme sans problèmes, jouissant d’une bonne réputation. Tous ses voisins, au quartier Aïn Chock, le respectent et l’apprécient surtout parce qu’il prend, depuis la mort de son père il y a six ans, en charge sa mère et sa sœur. Il a même décidé de ne pas se marier pour se consacrer uniquement à elles. «Je ne vis que pour elles, M. le président», déclare-t-il sincèrement. Une sorte de sacrifice pour le bien des siens. Seulement, il est allé plus loin dans son sacrifice quand il a appris qu’un jeune homme du quartier harcelait sa sœur, âgée de dix-huit ans. Il n’a pas pu garder le contrôle de soi.

«Il me harcelait à chaque fois que je sortais de chez moi. Il me demandait de l’accompagner chez lui. Mais, je me suis retrouvée obligée d’informer mon frère quand il a tenté de me conduire chez lui sous la menace d’un couteau», témoigne sa sœur devant la Cour. Informé par sa sœur qui a été sauvée par les voisins du quartier, Raouf s’est dirigé directement vers le jeune repris de justice, âgé de 26 ans, pour le corriger. Une fois, face à face, le jeune repris de justice n’a laissé aucune chance à Raouf. Aucune explication entre les deux hommes n’était donc possible. Le repris de justice a vite fait sorti son couteau en menacant Raouf. Ce dernier, hors de lui, l’a poussé violemment. Le jeune homme tombe et son crâne se fracasse contre le trottoir. En quelques minutes, il est mort.

Verdict : 6 ans de réclusion criminelle après avoir bénéficié des circonstances atténuantes.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *