Spectaculaire arrestation d’un condamné à mort

C’est ce qui s’appelle se jeter dans la gueule du loup. Jean-Claude Demey, meurtrier belge condamné à mort et évadé de prison depuis 1998, a été interpellé, vendredi soir, par les policiers rémois dans des circonstances pour le moins rocambolesques. Originaire de Chimay, celui qui échappait à ses poursuivants depuis douze ans a été arrêté à cause, ou plutôt grâce, aux travaux du tramway. Il est 21 heures, vendredi, quand un fourgon fait irruption sur le perron de l’Hôtel de police en manquant d’écraser trois personnes. Surpris par la déviation mise en place sur le boulevard Roederer, le véhicule, qui roulait trop vite, n’a pas pu faire autrement que de foncer sur le parking du commissariat.
Il tente un rapide demi-tour pour filer mais, comble de malchance, c’est l’heure de la relève des patrouilles. Les policiers présents courent aussitôt vers le fourgon pour l’immobiliser. À l’intérieur, trois individus ivres et de nationalité belge n’entendent pas se laisser coincer sans résister. Un des agents de police tente d’arracher la clef de contact mais échoue. Accroché à la portière, il est traîné sur plusieurs mètres, heureusement sans être blessé. L’un de ses collègues, lui, finit par réussir à arracher la clef du Neiman. Le moteur s’arrête enfin mais les trois Belges ne se rendent pas pour autant. Une bagarre avec les policiers éclate sur le parking. Avant d’être maîtrisés, les individus ont le temps de blesser un policier à la main. Tout ce beau monde est ensuite conduit à l’intérieur de l’Hôtel de police pour un contrôle d’identité minutieux. Cela vaut la peine car les policiers découvrent alors que l’un des trois individus est un évadé condamné à mort en Belgique pour avoir assassiné un banquier. L’arrestation prend alors une tout autre dimension. Il ne devrait pas y avoir de procédure d’extradition. Pas tellement parce que la peine de mort n’existe plus en Belgique mais surtout parce que l’évadé, âgé aujourd’hui de 50 ans, est resté tellement longtemps dans la nature que sa peine pourrait être déclarée prescrite selon la loi belge. Le coche a été raté en 2000. Cette année-là, la police belge avait failli récupérer l’évadé. La traque s’était terminée par une tonitruante course-poursuite près d’Ostende.

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