Suisse : elle se maquillait, son père la tue à coups de hache

Scheragha R., 51 ans, un ressortissant pakistanais domicilié dans le quartier d’immigrés de Zurich-Höngg, a tué lundi soir, 10 mai, sa fille Svera R, 16 ans, à coups de hache. L’adolescente avait fugué du domicile familial depuis trois semaines et désirait vivre en ménage avec son copain. Mais le mode de vie occidental révulsait le père, un musulman intransigeant. Il ne supportait pas que son enfant se maquille et vive comme les autres filles de Zurich. Pour survivre, l’adolescente se rend coupable d’un vol à l’étalage dans la journée de lundi. La police la surprend en flagrant délit dans un magasin du centre-ville et dénonce le petit délit à la famille. Sans le savoir, Svera vit alors ses dernières heures. L’ado est obligée de rentrer au domicile familial, mais, à la maison, une dispute éclate, une fois de plus, entre le père et sa fille. Le ton monte, dans la soirée la situation dégénère. Fou de rage, Scheragha R. n’hésite pas à brandir une hache et à l’enfoncer dans le dos de sa propre fille. L’infanticide a appelé lui-même la police avant de s’asseoir tranquillement à une proche station de bus, où il a finalement été arrêté. Toute la famille de Svera R. vivait difficilement la différence culturelle et le fanatisme du père. Naïm B., l’épouse, avait tenté de se suicider récemment. L’une des deux sœurs de la victime a été placée dans un foyer. Svera avait, elle aussi, éveillé l’attention de l’administration communale. «La victime et son père se querellaient souvent, a reconnu Martin Näf, porte-parole de l’autorité de tutelle. Mais jamais il n’y a eu de danger aigu». D’après un voisin, Svera n’en était pas à sa première fugue et elle donnait souvent l’impression d’être déprimée. Aujourd’hui, la fratrie de trois enfants et la mère sont suivies par des psychologues chargés de les aider à surmonter le choc. Un imam tente aussi d’aider la famille musulmane. Devant le domicile des R., des voisins, des proches de la victime ont déposé des mots, des fleurs et des bougies. Placé en prison préventive, le meurtrier donne l’impression d’être «triste et désespéré», d’après Ulrich Krättli, le juge instructeur chargé de l’enquête, qui tente d’éclaircir les circonstances du drame et les mobiles exacts du père.  Le Pakistanais, qui a avoué son crime de sang sans difficulté, a été interrogé de nouveau au début de la semaine en cours.

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