Taounate : Cocu malgré lui

Dès l’abord d’Abdelkader, on sent en lui une nature généreuse et un caractère pacifique. Marié en janvier 2003, il vivait au début de sa liaison conjugale une idylle avec Souâd, l’élue de son cœur depuis toujours. Cette dernière était également sa cousine maternelle. Elle était proche de lui. Non seulement elle rendait souvent visite à sa tante qu’elle aimait follement, mais elle fuyait aussi sa mère cruelle et cupide qui ne prenait soin ni d’elle ni de ses sœurs et frères. «Si Souâd a une bonne réputation, sa mère est très grossière, mon fils», lui dit un jour son père en guise d’avertissement.
En fait, ce dernier appréhendait cette union. Il connaissait suffisamment la mère de Souâd et de quoi elle était capable pour refuser de cautionner toute relation entre elle et son fils. Dans son douar situé aux environs de Taounate, la réputation de cette femme était des plus mauvaises. Tout le monde l’évitait. Aussi le père d’Abdelkader ne comprenait-il pas pourquoi elle s’attachait tant à son fils, ni pourquoi elle caressait le projet de le marier avec sa fille. En effet, c’est elle qui a fait des mains et des pieds pour unir par le lien conjugal Souâd et Abdelkader contre l’avis de ses parents. À vrai dire, c’était un «bon parti». Ce jeune homme de vingt-huit ans était sérieux, respectable et sociable et il gagnait sa vie à la sueur de son front. De plus, il n’avait jamais quémandé le moindre sou.
Depuis qu’il a tourné le dos à l’école, il s’est colleté avec les difficultés de la vie au point d’être obligé de quitter son village natal pour aller gagner sa vie ailleurs. Précisément à Casablanca, Rabat, Fès, Meknès et Kénitra. Il a même travaillé à Agadir et à Marrakech. Il était journalier ; bref un homme à tout faire, à condition que ce soit légal. Il s’absentait donc souvent de chez lui. Mais il n’avait jamais laissé sa femme, Souâd, sans subsides. De plus, il lui envoyait, à chaque fin de mois,  quelques centaines de dirhams.  Les jours s’écoulaient ainsi de manière d’autant plus paisible que leur foyer s’est égayé d’une charmante fille. Puis, ce fut l’horreur.  De retour chez-lui après une longue absence, il a trouvé sa maison vide. Sa femme, sa petite fille, son mobilier, … avaient disparu. Il n’y avait plus rien, ni personne.  Le choc fut d’autant plus rude qu’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ne disposant pas de téléphone portable, il n’a eu d’autres alternatives que d’aller chez sa belle-mère pour voir si sa femme s’y trouvait. Et elle y était. Que s’est-il passé pour qu’elle quitte son domicile ? Pourquoi son mobilier avait-il disparu ? «Va parler à ma mère», lui a-t-elle demandé en guise de réponse. Quand il le fit, cette dernière n’a pas hésité à lui demander de répudier sa fille. Pourquoi ? Quelle erreur a-t-il commise ? Là, non plus, pas de réponse. Il s’est alors adressé à ses parents afin qu’ils interviennent pour qu’un arrangement à l’amiable soit trouvé. En vain ! N’en pouvant pas, il a fini par déposer plainte.  Sa femme, sa belle-mère et lui ont été convoqués par la justice à Taounate, dans le cadre d’une tentative de réconciliation.
Devant le procureur du Roi, la belle-mère a semblé être de bonne foi dans sa quête d’une solution au problème. Seulement, à son retour chez-elle, elle a renié tout ce qu’elle avait dit.  Pourquoi ? Abdelkader n’en savait rien. Mais au fils du temps, il a fini par comprendre. Sa belle-mère voulait qu’il divorce de sa fille pour la marier à un MRE de la région, lui dirent quelques amis. Etait-ce vrai ? Certainement puisqu’il l’a surprise dans ses bras, chez sa belle-mère. Alertés, les gendarmes dressèrent constat de l’adultère et les déférèrent devant la justice. La véritable victime de ce drame conjugal ? Ce n’est autre que la petite fille d’Abdelkader.

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