Trahison, vols et meurtres

Vendredi 27 juillet. Il est 16H quand les éléments de la gendarmerie royale de Khouribga reçoivent un appel. Il s’agit du vol d’un grand taxi, dans la région d’El Brouj. D’après le message de l’alerte, trois personnes étaient à bord du véhicule volé qui se dirigeait vers Khouribga.
La voiture volée a été localisée et une vraie course-poursuite a été lancée. Ce n’est qu’à hauteur du centre rural Al Foukara que la chance a tourné contre les malfrats, suite à une panne de voiture.
Rapidement encerclés par les gendarmes, les trois lascars, qui étaient encore à bord du véhicule volé, ont été arrêtés et conduits au poste pour être soumis aux interrogatoires.
Au fil de l’interrogatoire, les gendarmes n’ont pas caché leur surprise de recueillir des aveux inattendus. En fait, ils pensaient avoir mis la main sur une bande spécialisée dans le vol des voitures.
Ces trois individus se sont avérés être membres d’un gang de dix malfaiteurs qui a perpétré trois meurtres, treize vols de taxis et véhicules légers, ainsi que de deux camions. Et ce, entre autres à Fkih Ben Saleh, Beni Mellal, Agadir, Khouribga, Marrakech, El Brouj, Rabat, Temara et Kelaât Sraghna.
Dans le trio, la gendarmerie a identifié un repris de justice qui avait été déjà condamné à la peine à perpétuité pour homicide volontaire, mais a bénéficié d’une grâce après vingt-cinq ans d’incarcération. Les trois personnes ont avoué avoir participé à plusieurs vols de voitures, dont de grands taxis. À ce propos, ils ont expliqué que les membres de la bande barraient la route aux automobilistes avec de grosses pierres pour les obliger de s’arrêter et les attaquer, ensuite.
Concernant le vol de deux camions, le trio a précisé que deux ou trois de leur bande se tenaient au bord de la route faisant semblant de chercher un transporteur pour leurs meubles. Et c’est grâce à cette ruse qu’ils ont pu voler les camions. Et les trois meurtres ?
Il s’agissait, en fait, d’un vol qui a mal tourné. En 2006, les membres de la bande ont eu affaire à un chauffeur de grand taxi dont la force de résistance lui a coûté la vie.
L’enquête menée à l’époque a permis
d’identifier Ahmed. F. Alors que la gendarmerie était à ses trousses, le recherché a disparu de la ville, et recouru à ses amis pour demander refuge. Et ce n’est pas tout, le silence, ça se paie. Ahmed a demandé à ses associés de lui verser 40.000 dirhams pour adhérer à l’aventure, à l’instar des rêveurs de l’eldorado, à bord d’une barque. Mais ses paroles sont restées dans les oreilles de sourds.
Jeudi 28 septembre 2006. Cinquième jour du mois de Ramadan, les dix malfrats, qui ne jeûnaient pas, étaient en train de s’enivrer. Quand les têtes ont tourné, Ahmed F. leur a demandé encore une fois la somme précitée pour disparaître à vie du Maroc. «Sinon, je vais me présenter devant les gendarmes et je vais tout dévoiler», les a-t-il menacés.
Une menace qui semble être sérieuse. Que faire ? Les regards s’échangeaient, et le doute planait. Un des membres de la bande lui a alors assené un coup sur la tête à l’aide d’une grosse pierre, et un autre lui a planté son couteau dans la nuque.
Le corps d’Ahmed a été, ensuite, conduit en voiture jusqu’au douar Ouled Brahim, dans la commune rurale Bir Mezoui, pour être enterré sous les monticules des phosphates.
L’enquête a révélé, également, qu’Ahmed n’était pas le seul associé qui a fini sous terre. La bande a déjà tué un autre membre qui avait réclamé sa part du butin récolté du vol des voitures.
Les sept autres membres de la bande, qui ont été identifiés, sont activement recherchés.

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