Trois ans de prison pour avoir détourné la fille de son employeur

«Je ne l’ai pas obligée à coucher avec moi… M. le président», a affirmé Mohamed sur un ton hésitant devant le président de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Khouribga. Durant toutes les deux heures de l’examen de son affaire, il n’a pas essayé de tourner sa tête pour savoir si ses parents et son unique frère étaient dans la salle d’audience. Il n’a même pas osé fixer ses regards sur le président de la Cour qui l’interrogeait. Par pudeur ? Certes. Mais il les a fixés sur le représentant du ministère public lorsqu’il a entamé son réquisitoire. Il aurait pensé que ce dernier gardait une rancune contre lui lorsqu’il a requis la peine maximale contre lui. Il ignorait qu’il représente et défend la société, y compris lui-même.
Mohamed a eu ses dix-huit ans, au mois de février. La pauvreté et la misère rongent la vie de sa famille  qui demeure dans un douar de la région. Ni lui, ni son aîné n’ont mis les pieds à l’école. Ils ont, tous les deux, été élevés par une mère, femme au foyer et un père, agriculteur. Ne disposant pas du moindre centime de terrain, le père de Mohamed se contentait de travailler pour des tiers. Ses enfants étaient restés sans la moindre activité. Entre-temps, Mohamed a été sollicité pour travailler pour une famille du douar qui dispose d’une ferme. Cette famille l’a presque adopté. Mohamed passait plusieurs jours chez son employeur avant de retourner chez ses parents. Sa  tâche consistait à garder le troupeau.
Laïla, la fille de l’employeur de Mohamed est à son seizième printemps. C’est la fille gâtée de la famille. De coutume, elle rejoignait Mohamed à la prairie, elle passait des moments sur le pâturage, plaisantait de temps en temps avec lui. Elle prenait même parfois son déjeuner avec lui. Ses parents  ne le lui interdisaient pas. Au fil des mois, Mohamed a commencé à aller plus loin avec elle. Comment ? Depuis qu’il a osé lui enlever la jupe, lui descendre le slip et lui faire des attouchements . Il n’a pas hésité à répéter les mêmes actes à chaque fois. Par force ? «Non» a-t-il répondu devant la police, le procureur général et devant la Cour. Au contraire, Laïla a répondu avoir été obligée de lui céder.Car, il la menaçait de meurtre.
Les attouchements ont cédé la place à l’amour. Au point que Laïla a fini par tomber enceinte. C’est sa sœur qui l’a découverte. Et son père a déposé plainte.Le père de Mohamed a demandé à l’employé de son fils de lui pardonner tout en les mariant. Une proposition que le père de la fille a refusé catégoriquement. Et Mohamed a été jugé coupable pour détournement d’une mineure et a été condamné à trois ans de prison ferme. 

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