Trois ans de prison pour un voleur de rêve

Trois ans de prison pour un voleur de rêve

Vêtu d’un pull gris, une veste noire et un pantalon bleu jean, il se tient devant le magistrat de la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca. Son accusation: escroquerie. Il n’en était pas à sa première arrestation. Ce jeune homme de trente-neuf ans a déjà purgé deux peines d’emprisonnement, respectivement d’un et de deux ans de prison pour le même motif. Bref, il est devenu comme un professionnel qui ne pense plus qu’à l’escroquerie comme moyen de gagner sa vie.
Au départ, il a essayé de se disculper affirmant qu’il n’a jamais connu les victimes qui ont porté plainte contre lui. A chaque fois qu’une victime se présentait pour témoigner, il répondait ne l’avoir jamais vue, ni rencontrée. Seulement, les victimes étaient convaincues qu’il s’agissait de lui. A l’instar de cette jeune femme, âgée de trente-deux ans, qui rêvait de  traverser la Méditerranée pour rallier l’Eldorado. Elle l’a connu par l’intermédiaire d’une autre victime. «Je lui ai versé la somme de vingt mille dirhams pour un contrat de travail en Espagne», a-t-elle déclaré devant le tribunal. «J’étais obligée d’emprunter cette somme de chez mes proches puisque je suis en chômage», a-t-elle ajouté sur un ton d’amertume. Deuxième victime, un jeune de vingt-huit ans, qui n’avait d’autre rêve que de décrocher un emploi pour gagner dignement sa vie. Il est venu à la barre pour raconter le calvaire qu’il avait vécu. «Je l’ai rencontré au Complexe Mohammed V. Nous suivions un match de foot quand il a engagé une conversation avec moi», a-t-il expliqué. L’escroc n’a pas raté l’occasion de lui proposer un emploi dans une administration, moyennant une somme de trente mille dirhams. La proposition était alléchante. Le jeune homme s’est alors adressé à son père qui ne voulait pas que son fils reste éternellement en chômage. Celui-ci lui a remis la somme convenue. Et l’escroc après avoir reçu l’argent n’a plus donné signe de vie. Ce n’est que trois mois plus tard qu’il l’a croisé dans un café au centre-ville. Là, il s’est jeté sur lui pour l’immobiliser. Les clients ont fait appel à la police qui est aussitôt intervenue.
Les victimes qui se sont succédé à la barre pour présenter leurs témoignages étaient une quinzaine. Mais, à chaque fois, le mis en cause niait. Après délibération, le tribunal a décidé de retenir toutes les charges pour escroquerie avec récidive et de le condamner à trois ans de prison ferme.

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