Un assassin arrêté un an après son crime

Nous sommes au quartier Laâyoune, à Derb Sultan, Casablanca où se situe l’école primaire Sidi Mohammed Ben Youssef. Dans l’un de ses quatre coins, se situe un passage moins fréquenté, cloisonné par deux murs donnant sur la rue. C’est là qu’un gardien de l’école a remarqué, le matin du mercredi 9 mai 2007, le corps d’un jeune homme. Perturbé, il s’est approché de lui pour se rassurer qu’il était encore en vie. Il n’a pas pu fixer une seconde fois son regard sur le corps. Pourquoi ? Le jeune homme était corps sans âme. Son corps était décomposé. Une profonde plaie de trois centimètres se trouvait au niveau de sa gorge.
Les éléments de la police judiciaire d’El Fida-Mers Sultan ont aussitôt été alertés. Sans tarder, ils se sont dépêchés sur les lieux, ont entamé les premiers constats  et ont remarqué que l’état du cadavre prouvait que le crime remontait au moins à trois jours. Qui l’a commis ? Pourquoi ? Le crime a-t-il été commis sur les lieux où le cadavre a été découvert ou ailleurs? Et qui était la victime ? Plusieurs interrogations ont hanté l’esprit des enquêteurs. Ce sont les témoignages recueillis sur les lieux qui leur ont permis d’avoir des réponses. Les enquêteurs sont parvenus à  dévoiler l’identité de la victime. Il s’agit de Issam, la trentaine, un soûlard qui inhalait également la colle à dissolution connue communément sous le nom de « Silicioune ». Son père, qui demeure au même quartier où son cadavre a été découvert, a expliqué aux enquêteurs que son fils, le défunt, ne rentrait que rarement chez lui. Il était presque un SDF.
Les témoignages recueillis ont permis aux enquêteurs de découvrir que la victime était durant la nuit du dimanche 6 mai 2007, en compagnie de son ami,  Adil, un SDF, du même âge que Issam. Ce dernier était sous l’effet de la drogue quand il a décidé avec la victime d’acheter une bouteille d’eau-de-vie. Ils se sont postés près de la maison d’un certain Bouchaïb  pour s’enivrer. Seulement, ce dernier les a chassés après une prise de bec. Depuis, Adil a disparu du quartier. Etait-il l’auteur du crime ? Toutes les hypothèses le mettaient en cause. Une note de recherche a été lancée contre lui. Ce n’est qu’une année plus tard, en début du mois courant, que Adil s’est présenté de son plein gré au commissariat de police pour avouer son crime. «Issam ne me laisse pas dormir. Chaque nuit, il arrive chez moi et tente de m’étouffer en serrant mon cou avec ses deux mains…», avoue-t-il pour justifier son initiative. Il a précisé que le mobile de son crime n’était qu’un simple malentendu qu’il s’est abstenu de révéler aux enquêteurs. Il avait disparu en voyageant à travers diverses villes du Royaume. «Je dois payer mon crime…», a-t-il balbutié devant les enquêteurs avant d’être traduit devant la justice.

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