Un avortement met un médecin et une infirmière sous les verrous

Un avortement met un médecin et une infirmière sous les verrous

Ils sont au début de leur jeunesse. Elle est à son vingt-deuxième printemps. Et il est son aîné de cinq ans. Ils ne se connaissaient pas. Mais, quand ils se sont rencontrés , il y a quelques mois, à Khemiss Mtouh, à Ouled Frej, dans la province d’El Jadida, leurs yeux se sont croisés au point que chacun d’eux s’est figé à sa place. Pourquoi ? Personne ne le savait au juste. Mais eux, sans aucun doute, savaient ce qui les a immobilisés en un clin d’œil. Perturbée, au début, elle a fini par reprendre son chemin. Quant à lui, il a fait demi-tour et a suivi ses pas. Que voulait-il d’elle ? Lui parler ? Si oui, de quoi voulait-il lui parler? En fait, il n’en savait rien. Au fil du chemin, il s’approchait d’elle au point qu’il est devenu presque son ombre. Et il lui a chuchoté des mots d’amour. Il lui a exprimé ses sentiments en lui affirmant n’avoir plus le pouvoir de retenir son cœur dès que leurs regards se sont croisés. Elle a cru ses paroles. Et elle lui a promis de le rencontrer le lendemain. Depuis, leurs rencontres n’ont pas pris fin, non seulement dans la rue, mais également chez l’un de ses amis pour partager le même lit. Au fil des semaines, il lui a promis de se présenter à sa famille et la demander en mariage. Elle était très heureuse de l’entendre répéter cette promesse. Seulement, à chaque fois, il lui présentait un argument quelconque lui permettant de ne pas la tenir. Malheureusement, elle croyait à ses promesses. Et elle a continué à le fréquenter et à coucher avec lui. Peu importe puisqu’il allait l’épouser. Enfin, elle est tombée enceinte. Que devait-elle faire ? Elle a informé son bien-aimé et lui a demandé de réagir, de faire quoi que ce soit pour que personne de sa famille ne sache ce qui lui est arrivé et de ne pas l’abandonner à son propre sort. Il lui a proposé d’avorter . Une proposition qu’elle n’a pas acceptée. Parce qu’elle préférait se marier et avoir un enfant. Mais, il l’a mise entre le choix de l’enfant et celui du mariage, non pas les deux à la fois. Et elle a choisi le mariage. À ce propos, elle devait avorter . L’amant a téléphoné à une amie. Il l’a chargée de conduire sa maîtresse chez un médecin véreux, qui semble avoir oublié le serment d’Hippocrate et ne pense qu’à l’argent.
Nous sommes le mercredi 16 mars. La maîtresse et l’amie du jeune homme se sont rendues,  tôt le matin, à El Jadida. Avant 11 h, elles étaient au cabinet du médecin qui allait se charger de l’avortement illégal. Une infirmière exerçant dans un hôpital public l’a anesthésiée. Puis, l’avortement a été accompli par le médecin et son assistante. La jeune fille est retournée chez elle à Khemiss Mtouh. Elle a attendu un coup de téléphone de son bien-aimé. Mais en vain. Elle lui a téléphoné et ils se sont rencontrés. Elle lui a expliqué qu’elle a choisi l’avortement pour qu’il l’épouse. «Mais, je suis déjà marié», lui a-t-il répondu calmement. Elle n’a pas cru ses oreilles. Elle a ressenti comme si elle allait droit dans le mur. Comment se fait-il que l’homme dont elle a rêvé , depuis quelques mois, pour qu’il soit son cavalier pour la vie et qu’elle a aimé plus que les autres n’était qu’un mythomane ? Une réalité qui a dépassé son imagination au point qu’elle a décidé enfin de déballer toute la vérité devant la Gendarmerie royale. Aussitôt, la machine judiciaire a été mise en branle. Elle n’a pas broyé uniquement le jeune homme, père de famille, mais aussi le médecin qui a effectué l’avortement, son assistante, l’infirmière anesthésiste, l’amie du jeune homme qui a conduit la jeune fille chez le médecin et la jeune fille. Tous les six ont été traduits, le mardi 22 mars, devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance d’El Jadida, poursuivis pour avortement, adultère, débauche et complicité.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *