Un clochard viole sa grand-mère

El Jadida. Nous sommes à la Chambre criminelle près la Cour d’appel. La salle d’audience est archicomble. Portant un jean et un pull jaune, un jeune homme se tient au box des accusés.
«Aziz, âgé de vingt et un ans, sans profession…», commence le président de la cour pour vérifier l’identité de l’accusé. Aziz n’ose pas regarder du côté des magistrats. Sinon de manière furtive. À sa gauche, une vieille femme se tient péniblement debout au point que le président de la Cour lui a permis de s’asseoir.
«C’est lui M. le président, c’est lui…», balbutie la vieille femme sans avoir été inuitée à prendre la parole. Le président de la cour lui demande de quitter la salle d’audience et d’attendre à l’entrée. À pas lents, elle sort. Et le président de la Cour de s’adresser aussitôt à Aziz : «Tu es accusé de viol». Qui était sa victime ? La vieille femme ? Personne n’en a cru ses oreilles. Etait-il vrai qu’un jeune de vingt et un ans ait osé violer une sexagénaire ? Une question devenue de moindre importance pour une assistance qui va avoir droit au pire : la femme sexagénaire n’est autre que la grand-mère d’Aziz. Comment ce jeune homme est-il passé à l’acte contre la seule femme au monde qui l’ait aimé ?
À sa deuxième année d’enseignement fondamental, Aziz a claqué définitivement la porte de l’école. Il n’était qu’à son neuvième printemps. Ses parents, qui étaient absorbés par les tracas de la vie quotidienne et les besoins de six enfants, n’avaient pas eu le temps de s’occuper de lui. Aziz s’est retrouvé dans un monde cruel où il devait gagner lui aussi sa vie. Vendeur de cigarettes à l’unité, puis cireur hantant les souks hebdomadaires de la région, Aziz a fini par devenir gardien de voitures. Ses revenus croissaient au fil des jours. Depuis, il a commencé à goûter aux cigarettes, puis aux boissons alcoolisées et enfin au haschich. Il s’est retrouvé esclave de ce trio qui absorbe l’argent qu’il gagnait durant une journée de besogne. Et il ne retournait chez lui que dans un état d’ébriété très avancé. Ses parents ont fini par le chasser. Et il a enfin tout perdu : sa famille, son travail et la dignité de soi. Il est devenu clochard, rôdant dans les ruelles d’El Jadida avec un chiffon imbibé de colle à dissolution sur son nez. Une seule personne lui avait laissé sa porte et son cœur ouverts : sa grand-mère. Elle l’accueillait chez elle à n’importe quel moment, lui donnait à manger, lui réservait un endroit pour dormir. Seulement, il a tout anéanti le soir du jeudi 17 mai. La grand-mère se tenait au seuil de sa maison. Elle passait son temps à regarder les passants et les enfants de son quartier qui jouaient et couraient à gauche et à droite. C’était d’ailleurs sa seule distraction. Soudain, elle a remarqué son petit-fils, Aziz, qui pointait du nez, dans un sale état. Il était sous l’effet de l’alcool à brûler et de la colle à dissolution. Il est rentré à la maison sans lui adresser la parole.
La grand-mère l’a suivi après avoir fermé la porte. Elle lui a préparé du thé qu’il n’a pas voulu boire. Tout d’un coup, il a commencé à lui toucher les seins. Bouche bée, la vieille dame lui a demandé de déguerpir. Mais le petit-fils l’a enlacée violemment pour l’embrasser avant de la pousser sur le dos. Par la suite, il l’a déshabillée pour la violer. Sans pitié et sans le moindre égard ni pour son âge, ni pour le fort lien de parenté qui les unissait.
Après quoi, il était sorti comme si de rien n’était. Alertés, les gendarmes l’ont arrêté. Il s’est contenté de regretter son acte. Ce regret ne valait rien devant la cour qui a fini, après les délibérations, par le juger coupable d’inceste contre sa grand-mère et l’a condamné à 6 ans de réclusion criminelle.

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