Un coiffeur pédophile sous les verrous

Un coiffeur pédophile sous les verrous

«Non, je n’ai jamais abusé d’une seule fillette…». En entendant cette déclaration de Abdallah, coiffeur quadragénaire, devant les magistrats, Fatima a échangé un regard poignant avec sa petite fille âgée de sept ans. Celle-ci aurait-elle menti ? Non. D’ailleurs, elle n’est pas la seule à avoir déposé plainte contre Abdallah. Deux autres fillettes, âgées respectivement de huit et onze ans, ont révélé à leurs mères avoir été victimes du pédophile.
«Je les considérais comme mes propres filles, M. le président !» Les larmes aux yeux, Abdallah proteste de son innocence. Au point de jeter le doute dans l’esprit des mères de ces gamines dont le témoignage paraît soudain d’une extrême fragilité.
Est-il réellement innocent ? N’a-t-il jamais attiré ces trois fillettes dans son salon de coiffure afin d’abuser d’elles ? Et s’il est innocent, pourquoi ces trois fillettes s’acharnent-elle contre lui ?
«C’est vrai, je leur offrais de temps en temps quelques dirhams, parce que j’aime faire plaisir aux enfants et que ces gamines ont grandi sous mes yeux… Comment pourrais-je les toucher ou leur faire le moindre mal ?», déclare Abdallah presque scandalisé qu’on puisse l’accuser ainsi.
Reste que cette attitude contredit les déclarations faites par lui devant les policiers. Abdallah a beau minimiser, ses aveux sont là et ils pèsent lourd.
Dans le procès verbal, Abdallah avoue ses penchants et ses pratiques pédophiles ; à cette réserve, se défend-il,  qu’il ne cible que les filles et ne s’en prend jamais aux petits garçons.
Quant aux faits, ils remontent au mois d’août dernier. La fillette dont la plainte avait déclenché les poursuites passait devant la boutique à destination de la laiterie du quartier pour faire quelques courses. C’est alors que Abdallah l’a appelée. Elle n’a pas hésité à lui répondre et à le rejoindre sur le pas de sa boutique. Pourquoi se serait-elle méfiée de lui? C’était le coiffeur de son quartier, un personnage familier, nullement un étranger…
«Quel est ton prénom ?», lui a-t-il demandé. En toute innocence, la fillette lui a répondu.
«Tu n’es jamais entrée dans mon salon, aimerais-tu le visiter ?», a-il poursuivi tout en la conduisant à l’intérieur. La petite fille, qui semblait avoir oublié les courses dont elle était chargée, se laissait faire sans se douter évidemment de ce qui l’attendait. C’est alors que Abdallah l’a attirée dans un coin du salon, à l’abri des regards des passants à travers la façade vitrée. Il a commencé par lui caresser le torse avant de se mettre à l’embrasser. Prenant conscience de la tournure inquiétante que prenaient les événements, la fillette a alors tenté de se soustraire à ces attouchements en lui expliquant qu’elle devait se dépêcher de faire ses courses et de rentrer chez elle. Pour toute réponse, Abdallah a extrait quelques pièces de monnaie de sa poche et les lui a tendues. Puis, pris d’une pulsion irrésistible, il a déboutonné son pantalon et sorti son sexe en direction du visage de la gamine.
Choquée, la fillette a eu le réflexe de s’éloigner brusquement et de s’enfuir du salon de coiffure. Elle s’est ensuite rendue directement chez elle pour raconter à sa mère ce qui venait de lui arriver. Sans tarder, sa mère l’a conduite au commissariat du quartier pour déposer une plainte.
Apprenant qu’il avait été dénoncé, Abdallah a pris la fuite. Entre-temps, la nouvelle ayant fait le tour du quartier et incité les langues à se délier, deux autres mères ont eu la révélation, par leurs filles, des méfaits du coiffeur.
«Tout cela est faux!», s’obstine Abdallah à la lecture faite, par le président, des éléments du procès verbal de la police. Si tout cela est faux, lui oppose la Cour, pourquoi a-t-il disparu en apprenant qu’il faisait l’objet de trois plaintes?
«Je n’ai pas disparu, j’étais malade…»
Visiblement, Abdallah ne sait plus quoi inventer pour se soustraire aux accusations et témoignages accablants. Il s’avère que la police l’a arrêté dans un café qu’il fréquentait souvent au quartier Moulay Cherif. Ce qui prouve nettement qu’il n’était pas malade, mais en état de fuite, affirme le représentant du ministère public, qui requiert la peine maximale contre lui.
Pour sa part, l’avocat de Abdallah réclame son acquittement au bénéfice du doute : contre son client, estime-t-il, il n’y a pas d’autre preuve que les déclarations des fillettes. Après délibération, la Cour a jugé Abdallah coupable de pédophilie et l’a condamné à quatre ans de prison ferme. Toute la question est de savoir si la prison contribuera à le guérir de ses pulsions coupables.

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