Un employé d’une banque en prison

Un employé d’une banque en prison

Mi-mars 2006, à Casablanca. Abdellah a loué deux pièces dans une maison de deux étages située au quartier El Oulfa, préfecture de Hay Hassani-Aïn Chok, dans la grande métropole économique.
Bien habillé et bien rasé, il s’est présenté au propriétaire comme un employé d’une banque. Pour un  loyer mensuel de deux mille dirhams, il lui a versé d’avance le prix de deux mois. Les voisins ont remarqué que le nouveau venu, qui soigne bien son apparence, ne sortait de chez lui que pour s’attabler dans un café du quartier et lire les journaux. Le 1er avril 2006, deux voitures ont stationné juste en face de la maison dont le nouveau locataire occupe un étage. Quelques hommes, en tenue civile, accompagnés d’une femme, descendent du véhicule. La femme frappe à la porte de la maison. Abdellah ouvre la porte et reste bouche-bée. Sa femme est en face de lui, accompagnée des enquêteurs de la police judiciaire de Settat.  Ces derniers l’ont aussitôt menotté et l’ont poussé à l’intérieur de la maison. "Où est l’argent ?", lui a demandé l’un des enquêteurs. La perquisition du domicile a été effectuée et s’est  soldée par la découverte d’une somme de 26 mille dirhams. "Où est le reste de la somme ?", lui lance un autre élément de la brigade judiciaire. «C’est mon épouse qui le garde», répond-il.  Le chef de la brigade se tourne alors vers l’épouse.
Cette dernière baisse ses yeux sans dire un mot. Menotté, Abdellah est embarqué immédiatement dans l’une des voitures sous les regards curieux des badauds qui s’interrogent sur l’histoire de ce nouveau voisin. Qui est Abdellah ? Pourquoi a-t-il été arrêté ?
Abdellah est un employé d’une agence du Crédit Agricole à Jemaât Ouled Âbbou, sise à Settat. Son épouse s’est présentée dernièrement au commissariat de la police de Settat pour déclarer la disparition de son mari. «Mon époux n’est pas rentré depuis hier…», a-t-elle expliqué à la police les larmes aux yeux. En tentant de la calmer, les policiers lui ont promis de déployer tous leurs efforts pour le retrouver. «On va t’appeler quand nous aurions de ses nouvelles», lui a assuré le chef de la brigade. Une dizaine de jours sont passés et l’époux n’a toujours pas donné de signe de vie. Entre-temps, la gendarmerie royale de Jemaât Ouled Âbbou a reçu une plainte déposée par l’agence du Crédit Agricole pour détournement d’argent d’un million de dirhams contre son employé, Abdellah. Les gendarmes de la région ont diligenté une enquête pour retrouver le suspect. 
Or, les enquêteurs de la police judiciaire de Settat ont reçu une information faisant état que l’épouse d’Abdellah est au courant du lieu de son existence. L’épouse a été arrêtée et a été conduite au commissariat de police pour être soumise à un interrogatoire serré. Et elle a craché le morceau. Elle savait bel et bien le lieu où se refugiait son mari. Elle les a conduits jusqu’à Casablanca, puis au quartier El Oulfa. Et le mari a été appréhendé. Seulement, ils n’ont trouvé sur lui qu’une somme de 26 mille dirhams.
Où est le reste de la somme ? «J’ai gardé une somme de 570 mille dirhams chez une amie demeurant au quartier Mimouna, une somme de 380 mille dirhams chez mon cousin à Labrouj et j’ai donné 6 mille dirhams à mon père», a-t-elle avoué. Les enquêteurs ont effectué une descente surprise à la maison de son amie sise au quartier Mimouna. La jeune femme a dissimulé la somme dans un trou qu’elle a creusé dans le mur d’une chambre. Et le cousin a caché une partie du magot à l’intérieur d’un ballon de foot qu’il a enterré dans son champ. Abdellah, son épouse, l’amie et le cousin de cette dernière ainsi que son père ont été traduits devant la Cour d’appel de Settat.

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