Un enfant de trois ans violé et assassiné

Nous sommes vendredi 3 novembre, il est dix-sept heures. Son cartable à la main, le petit Hamza quitte son école, un établissement privé du quartier Sidi Youssef Ben Ali, à Marrakech. Accompagné d’un membre de sa famille, il se dirige vers le domicile de ses grands-parents. Ces derniers l’accueillent comme d’habitude, très chaleureusement. Ses oncles et tantes maternels le comblent également de baisers, l’enfant est de toute évidence le bien-aimé de la maisonnée. Puis Hamza se précipite vers sa mère, Fatiha, quelque peu souffrante des suites d’un accident de la circulation. Rassasié de baisers maternels, il court enfin vers la cuisine où sa tante s’affaire déjà à lui préparer quelque chose à manger.
Une seule ombre au tableau de cette exceptionnelle harmonie familiale : les parents du petit garçon sont divorcés et son père est en prison pour défaut de versement de la pension alimentaire. Commencé par une histoire d’amour, le mariage n’a pas duré plus de quatre ans. Mais le vrai drame est que le père, menuisier de son état, refuse de reconnaître l’enfant. Il ne se rend que rarement au domicile de son ex-belle famille, ne se soucie guère de Hamza et ne verse pas le moindre sou à Fatiha. Âgée de vingt-trois ans, celle-ci ne sait bientôt plus à quel saint se vouer pour trouver de quoi nourrir, vêtir et scolariser son enfant. D’où la solution du recours à la justice pour forcer le père à prendre en charge son enfant, ce qui aboutira finalement à l’emprisonnement de celui qui fut autrefois son mari.
18 heures ont sonné. Le petit Hamza sort de chez lui, sa petite bicyclette à la main. D’habitude, il ne s’éloigne jamais bien loin du seuil de la maison familiale. Où alors, c’est pour se rendre chez l’un de ses oncles maternels qui réside dans la rue voisine. «Mais jamais, il n’a dépassé ces limites…», nous a d’ailleurs confié Fatiha.
Vers 19 h 30 mn, Hamza retourne à la maison pour déposer sa bicyclette et ressortir une fois encore. Pas moins de dix minutes plus tard, son grand-père sort le chercher pour lui demander de rentrer. Mais il ne le trouve pas. Où a-t-il disparu ?
Le grand-père retourne à la maison pour alerter ses enfants. Tout le monde sort à la recherche du petit Hamza. Personne ne l’a trouvé. Comme la flamme dans une traînée de poudre, la nouvelle de la disparition de Hamza se propage dans ce quartier très populaire. Les voisins se lancent également à la recherche du petit Hamza. Les heures passent. Toujours rien.
Où est Hamza ? Aurait-il été enlevé par la famille de son père ? Tout est possible. La famille, les voisins, tout le monde se perd en hypothèses. Trois heures après la disparition du petit garçon, il est devenu nécessaire d’alerter la police. La mère, pourtant malade, “s’arrache“ péniblement de son lit pour se rendre au commissariat du 6ème arrondissement de police de Sidi Youssef Ben Ali. Les premières investigations ciblent au départ la famille du père. Mais sans résultat. Pas de trace de Hamza. Ses oncles paternels ont rejoint leur ex-belle sœur pour se lancer à la recherche du disparu. Des tracts portant sa photo, son nom, prénom et son âge commencent à être distribués à travers la ville ocre. Jusqu’à ce coup de téléphone reçu par la famille, selon lequel l’enfant aurait été vu au douar Tallaght, éloigné d’une dizaine de kilomètres de la demeure du disparu. Sans perdre une minute, la famille s’y transporte… Mais l’information ne débouche sur rien.
Deux jours ont passé depuis la disparition de Hamza. C’est un dramatique dimanche qui commence. Vers midi, Fatiha reçoit un appel téléphonique en provenance de la brigade de police judiciaire. Mais c’est uniquement pour lui poser de nouvelles questions. Ce n’est que vers minuit que les policiers lui apprendront que Hamza a été retrouvé violé et assassiné dans la cave pleine de déchets d’un immeuble en construction situé à Daoudiate. C’est un chiffonnier qui a découvert le corps sans vie.
Qui a conduit le petit Hamza jusque-là, à plus de cinq kilomètres du domicile de l’enfant, pour le violer et l’assassiner ?
Pour le moment, personne n’en sait rien. «J’attends que l’affaire soit élucidée le plus tôt possible pour que le violeur et tueur ne fasse pas d’autres victimes innocentes», dédclare à ALM Mme Najat Anwar, présidente de l’association « Touche pas à mon enfant » qui suit avec attention l’affaire. Et surtout qui fait de son mieux pour soutenir psychologiquement l’infortunée Fatiha, dont la vie vient d’être fracassée…

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